Herzog semble ici tourner en boucle et s’auto-caricaturer, dans ce qui est paradoxalement l'un de ses films précoces : sous la radicalité du projet se cache un film de fainéant, qui ne tient que par le tournage dantesque qu’il suggère. Les grandes vues de paysages se contentent d'illustrer les mythes que la voix-off y plaque, ponctuées d'une chasse au trésor aux images incongrues (la plupart du temps artificiellement provoquées par l’embarras d'une pose à tenir). Le tout s'égrène au rythme de musiques s'enchaînant dans la plus totale indifférence de ce qui se déroule à l'écran, comme si l'on avait laissé un juke-box allumé… Reste cette indécrottable qualité d’Herzog : la capacité à nous faire voir l’évidence autrement, comme de biais. Ici, c’est par exemple ce long travelling sur un village pauvre en plein désert, maisons éparses au milieu d’un infini territoire de sable où courent quelques ombres, et dans lequel le film parvient à nous faire voir le mirage du terrain de jeu originel, offert et disponible, d’avant les tracas des sociétés et de l’âge adulte.
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