Fight Club est un film efficace, adapté d’un roman excellent (du moins dans mes souvenirs de teenageuse). Alors bien sûr ceux qui crient au génie sont les mêmes qui font la queue devant la Fnac ou Zara au premier jour du déconfinement, mais on est pas une ironie près. La plus flagrante ironie, c’est le traitement extrêmement marketé et sexy de la réalisation : propre, efficace, rutilante comme une voiture fraîchement lustrée. Ça déménage. Le propos de Chuck Palahniuk est impeccablement restitué (la voix off reprend à la virgule près le texte), et il ne faut pas s’y méprendre : les anecdotes déjantées et glauque du film proviennent directement du bouquin, c’est ce qui donne d’ailleurs toute l’épaisseur à la narration, qui serait assez vide sans celles-ci. Le film devient ce qu’il dénonce, un produit de consommation, adulé par des millions de trentenaires désillusionnés et vaincus par le système.
C’est à la fois un film sur-côté (les mecs kiffent le côté bastons viriles et s’identifier à un Tyler Durden taillé à la serpe alors que c’est pas du tout le propos) et mal compris. Quand même assez ironique de voir ce film en top 1 des top 10, quand on voit vers quoi on se dirige toujours plus, depuis 20 ans que les film est sorti… Dernier point ironique : je mets 8 à ce film.