Encore une fois, Herzog nous montre un homme animé par son rêve. Cet excentrique, le bien choisi Klaus Kinski, qui va, au milieu de la jungle amazonienne, chercher à le concrétiser. Le rapprochement avec Aguirre peut sembler immédiat, mais à part le cadre, tout sépare les deux histoires. Le héros est ici tendre, idéaliste. À la différence de Don Lope de Aguirre, menaçant et terrible, Fitzcarraldo entraîne les hommes, son amante et mêmes les «petits du city» malgré lui. Malheureusement l'écriture et la mise en scène manquent d'efficacité : je suis resté au dehors des persnnages, de leur histoire. Certes, Schwarznegger amérique du sud + tout l'équipage sont bien sympathiques, mais reste très générique. Alors si en plus on rajoute la légende indienne...
Non, à mes yeux, la vraie force de ce film c'est le projet pharaonique de la traversée de la colline. Pendant toutes les scènes de chantier j'étais ébahi, à me demander : «mais comment ont-ils tourné ça !?». C'est pour ça que je suis convaincu que le making-of sera bien meilleur que le film lui même.
A propos, je me permets de citer wikipédia car l’anecdote en vaut la peine : «Le tournage fut émaillé de plusieurs accidents (dont deux crashs aériens et une morsure de serpent venimeux au pied d'un technicien qui choisira de l'amputer à l'aide d'une tronçonneuse pour survivre) et surtout des colères et exigences de Klaus Kinski, rendant l'entreprise encore plus éprouvante, au point que deux Indiens proposeront à Werner Herzog de liquider l'acteur gratuitement.»
Bah au final le film est un peu long hein, et n'a ni la gravité ni la puissance des rêves des autres films de Herzog. Dommage...