"Après s'être rencontrés dans un bar, Piero et Lara fixent leur premier rendez-vous chez elle. Lara est une restauratrice de meubles de 35 ans qui succombe souvent à des amours sans lendemain. Piero est un professeur de lycée de 50 ans qui lutte contre les séquelles de nombreuses déceptions sentimentales". Et bien chose incroyable dans la comédie italienne contemporaine, surtout dans une histoire qui se passe à Rome, ils parviennent à avoir une relation sexuelle, un rapport particulièrement minimaliste mais tout de même, et ils parviennent même à passer la nuit ensemble : le mec part, puis il revient pour affronter une discussion oppositionnelle, laquelle sera surmontée puisqu'à la fin il fait des spaghetti avec la nana, mais c'est sans doute un cliché pour montrer que ce n'est pas une fin réaliste. Au niveau politique, il n'y a pas une seule allusion à l'Europe fédérale, ce qui est rare dans un film italien. En revanche les allusions au "gauchisme" sont nombreuses surtout chez le personnage féminin qui est en guerre contre les hommes et le capitalisme, le personnage masculin etant probablement un ex militant gauchiste aussi. Cela est souligné comme un facteur d'incommunicabilité, les personnages devenant dogmatiques et rigides. Sur le livret du festival Italien de Villerupt de cette année, on pouvait lire : "non ! le cinéma italien n'est pas mort". Il est bien sûr complètement mort et enterré, mais certains films audacieux osent encore montrer le début d'une histoire d'amour qui va durer éventuellement plus de 12 heures. Par rapport à Schopenhauer, qui est bien entendu présent dans ce film sur le sexe, on voit bien qu'il y a quelque chose de cassé. La loi implacable de la nature qui pousse impérieusement à la reproduction, à l'accouplement aveugle a été brisée, particulièrement en Italie, le pays d'Europe autrefois le plus libertin, le plus léger, le plus vivant. Les choses ont bien changé !