Forrest Gump, réalisé par Robert Zemeckis, suit la trajectoire d’un homme simple d’esprit traversant plusieurs décennies de l’histoire américaine.
La grande force du film réside dans la pérégrination de Forrest Gump, une succession de rebondissements souvent inattendus, parfois jubilatoires, même si je la trouve moins envoûtante que celle de Big Fish, auquel le film fait souvent penser dans son rapport au destin. Le choix de faire raconter toute cette aventure par Forrest lui-même fonctionne sur le plan de l’accessibilité, mais me paraît aussi être une facilité d’écriture, permettant d’enchaîner les événements sans véritable mise en tension dramatique. Tom Hanks porte néanmoins le récit avec une sincérité indéniable, trouvant le juste équilibre entre candeur et émotion, malgré quelques scènes un peu appuyées qui rendent le personnage « tête à claques ». Les incrustations d’archives télévisuelles sont très réussies, à la fois techniquement impressionnantes et franchement amusantes.
En revanche, la romance avec Jenny s’avère vite lourde et répétitive, enchaînant séparations et retrouvailles sans réel renouvellement. J’ai aussi été gêné par certains placements de produits trop visibles, ainsi que par la manière très superficielle dont le film aborde des sujets graves comme la guerre du Vietnam ou le rejet du handicap, sans jamais vraiment les questionner.
Malgré ses maladresses, je conseille Forrest Gump pour son énergie et son humanité, un film attachant qui suscite une émotion douce, parfois naïve, mais rarement indifférente.