Oh oui je vous entend déjà : « Mais tu ne comprends pas, le film critique avec humour et sincérité une Amérique à l’échelle des gens : les rednecks, les vétérans de la Guerre du Vietnam, les Afro-américains de la Nouvelle-Orléans, les hippies… Et puis, Tom Hanks donne un vrai charme à Forrest, un personnage plein de cœur, de gentillesse, de sincérité. Oh et puis tu souviens : la vie c’est comme une… »
PITIE STOP
LA VIE C’EST COMME UNE GRANDE TARTE DANS LA GUEULE !
Cet objet filmique suppure la plus grande des malhonnêtetés. Au début je pensais que c’était juste le jeu boursoufflé, plein de « bienveillance » et plein de « modestie », de Tom Hanks (grand Dieu je parle comme une grand-mère), mais non : ce film est profondément malhonnête et prend ses spectateurs pour des cons, millième produit sortant de l’entre-fesse du roman national étasunien, millième bouse stérile d’un impérialisme qui encore aujourd’hui ne semble pas si évident pour tout le monde.
Forrest Gump est un film profondément malhonnête dans son traitement tout sauf critique du système étasunien. On est en plein dans la culture du témoignage, du fait divers, où les populations étasuniennes, quelles qu’elles soient, sont victimes des aléas du temps… Comme si le temps n’était pas influencé, par exemple, par un système capitaliste de merde aux contours plus que jamais autoritaires et abrutissants, mais non : pouf l’assassinat de Kennedy, pouf la Guerre du Vietnam, et pouf tiens du John Lennon, et tiens repouf la Baie des Cochons… (ah non peut-être pas celui-là, faudrait pas passer pour les méchants ^^)
Ça n’explique rien, ça ne réinvente rien, les « blagues », au mieux, me gêneraient dans un téléfilm de merde passant sur M6, mais là non, juste NON. Attends mon copain, on va bien s’foutre de la tronche des rednecks, des Black Panthers et des hippies mais faut pas commencer à se moquer des institutions ! (sauf pour copier Full Metal Jacket – tu souviens Full Metal Jacket ?-)
D’ailleurs parlons-en des Black Panthers, on les dépeint comme violents, traînant avec des camelards, un peu ahuris mais aucun propos, même le plus minime, sur les violences faites aux populations afro-américaines, sur la cause de leur combat, sur les figures fortes qui animent ce mouvement revanchard, égalitaire et libertaire. Mais non me diras-tu ! La daronne de l’autre trouduc qu’est allé se faire crever au Vietnam, ben elle est servie par une blanche à la fin mon copain ! Oui oui grâce à la fortune d’un bon blanc bien gentil, un peu débile mais si gentil. J’en ai la larme à l’œil :')
Bon je pourrai continuer des lignes et des lignes sur la « « philosophie » » du film (soyez interpellé par mes doubles guillemets uhuh), son traitement de la Guerre du Vietnam (sans un seul Vietcong à l’écran c’est fort!), l’utilisation de Tom Hanks en tant qu’acteur principal qui est tout sauf anodine, le libéralisme washing ou encore le traitement des troubles mentaux et des caractéristiques autistiques. Mais je pense que si votre cerveau n’est pas encore tout à fait plein de merdes ultra-libérales et télévisuelles, étasuniennes en somme – car oui, c’est ça « l’Amérique » –, vous avez compris où je voulais en venir.
Mauvais pour l’engrais alors hop, on tire la chasse ! 🚽