Deux ans après le très bon accueil de leur There's Something About Mary (leur meilleur film à ce jour), les frangins Farrelly reviennent sur le devant de la scène et rappellent pour l'occasion le trublion Jim Carrey, star du cultissime Dumb and Dumber.
Relecture déjantée et vacharde de Dr Jekyll and Mr Hyde, Me, Myself and Irene part d'un postulat séduisant, apte à offrir à Carrey un immense terrain d'expérimentation. Et c'est bien là le véritable attrait du film, tout entier dévoué au jeu complètement ahurissant de l'interprète de The Mask. Passé par la case The Truman Show et Man on the Moon, le comédien perfectionne son art, livrant une prestation constamment sur le fil et au final, tout simplement hilarante.
Grands romantiques devant l'éternel, les cinéastes lorgnent une fois de plus sur la comédie romantique, tentant de réitérer l'exploit de leur précédent essai mais sans en retrouver la force malgré un capital sympathie évident. La faute peut-être à une écriture moins rigoureuse, et surtout à une alchimie moins palpable, Jim Carrey et Renée Zellweger étant plus occupé à flirter sur le tournage que devant la caméra, ce qui joue rarement en faveur du film en général.
Même constat envers la sous-intrigue policière, déjà envahissante dans Dumb and Dumber, et carrément insipide ici. Reste heureusement un humour potache et gras fonctionnant à merveille, alliant situations absurdes (le coup de la vache increvable) et dialogues amenés à devenir cultes.
Sans être un aussi bon crû que leurs précédents films, Me, Myself and Irene reste une comédie romantique agréable et bien souvent barrée, à voir principalement pour la prestation épique et folle furieuse d'un Jim Carrey au sommet de son art.