Dire qu'on éprouve du désagrément à regarder ce film serait un gros mensonge. Ce serait même tout le contraire, il faut l'avouer. Mais passé le cadre géographique de Sète, que le protagoniste est ostréiculteur, qu'on a le droit de temps en temps à une parodie amusante des séries françaises télévisées avec leurs codes scénaristiques, visuels et sonores, Fragile (titre un peu... fragile (désolé, je n'ai pas pu m'empêcher !), car il ne résume pas vraiment tout le contenu d'ensemble !) est une comédie romantique lambda qui reste assez prévisible de bout en bout.
Alors certes les personnages sont attachants (par contre, le fait que la bande de copains ait un vocabulaire aussi élaboré n'est pas crédible, vu leur milieu social et leur manière de se comporter dans la vie de tous les jours !), certes Oulaya Amamra dégage beaucoup de charme (d'ailleurs, on se demande comment le personnage principal ne craque pas en une seconde pour elle !), certes il y a souvent un humour bienvenu et rafraîchissant, mais c'est conventionnel.
Ah oui, pour mettre une chose au point, d'après ce que j'ai lu à droite à gauche, la réalisatrice du film Emma Benestan dit que son œuvre se moque des normes de la masculinité et des stéréotypes virilistes. Ce qui ferait l'originalité du truc (oui, il faudrait aussi partir du principe que personne ne l'ait déjà fait auparavant et depuis longtemps !). En toute franchise, pour moi, ça ne s'appesantit pas tellement sur ces thématiques (pas suffisamment donc pour justifier son titre empreint d'ironie et sa soi-disant originalité !). En tous les cas, ce n'est pas du tout un moteur narratif. Bref, dans toute son entièreté, Fragile ne se différencie pas d'un film du genre moyen dans la mécanique des rebondissements.
Bon, je le recommande pour ceux et celles qui veulent passer un bon moment sans prise de tête, avec un joli petit sourire aux lèvres à la fin, mais si vous cherchez quelque chose d'un peu étonnant, sortant des sentiers battus, allez voir ailleurs...