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La cravate qui tue
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le 5 nov. 2019
Ce thriller de fin de carrière est l’avant-dernier film d’Alfred Hitchcock et l’ultime qu’il a tourné en Angleterre. À l’image de ses quatre dernières œuvres, le film ne jouit pas d’une grande réputation même s’il a gagné en considération avec le temps. Le sujet et les thèmes abordés sont propres à son réalisateur : refus du whodunit, faux coupable, assassin à la déviance sexuelle avérée, humour noir et happy end. C’est d’ailleurs sur ces éléments que le film a été principalement critiqué. Sur le fond, Alfred Hitchcock n’innove pas et propose une variation d’une dizaine d’autres titres. Sur la forme, en revanche, le maître du suspense sort de sa zone de confort. Amoureux des tournages en studio et des univers aux confins de l’onirisme, il opte ici pour un ton plus réaliste et plus âpre. Séquences extérieures à foison dans les rues londoniennes, étranglements en gros plans, scènes de nu, bref une démarche nouvelle qui épouse davantage les pratiques de son époque alors qu’il avait toujours cherché à en rester éloigné. Cependant cette noirceur (qui valut au film une interdiction aux moins de seize ans) est contrebalancée par un humour plus présent que dans ses derniers films. Entre le cadavre récalcitrant dans le camion, les repas exotiques de la femme de l’inspecteur ou la collection de personnages secondaires particulièrement égratignés, le réalisateur crée un univers tout en décalage.
Le résultat est parfaitement maîtrisé en raison d’un récit précis et efficace qui entraîne facilement le spectateur même si le personnage principal est moins le gentleman qu’Hitchcock aimait souvent mettre en scène. Alcoolique et paumé, le personnage incarné par Jon Finch est très éloigné de ceux jadis interprétés par Cary Grant ou James Stewart. En revanche, l’assassin du film (qui est tout de suite dévoilé) n’est pas sans rappeler les tueurs de chez Columbo. Faussement sympathique, fort de sa position et sûr de son impunité, il suscite au crédit du faux coupable une sympathie chez le spectateur qui ne va pourtant pas de soi. Les femmes, quant à elles, nigaudes, prudes ou victimes toutes désignées, ne sont pas à la noce. D’où cette impression globale de férocité qui oscille entre un récit à prendre au second degré et une véritable volonté de sulfater ses compatriotes.
Il ne manque finalement à l’ensemble qu’un suspense plus puissant. Étant attendu que la vérité, quoi qu’il advienne, éclatera, le récit manque parfois de surprises. Surtout, il manque une ou deux séquences fortes qui puissent donner au résultat un retentissement plus important. Si on excepte un ou deux tours de mise en scène à savourer (et notamment l’éloignement de la caméra d’une zone d’action en un long travelling arrière qui frustre superbement le spectateur), le film ne présente pas de scènes réellement marquantes. La vision des femmes étranglées est parfaite mais l’amateur de thriller restera, de toute évidence, quelque peu sur sa faim. La faute, notamment, à un final qui se résume à une belle réplique mais à une séquence malheureusement expédiée. Cela reste, malgré tout, une belle réussite.
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Créée
le 1 mai 2025
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