Anthony Hopkins peut tout jouer, du tueur sadique du Silence des Agneaux au père terrassé par la maladie de Parkinson dans Father. Ici il joue Freud, un psychanalyste vieillissant, malade, tyrannique, mais qui garde une réelle acuité d’esprit. Face à lui, Matthew Goode qui incarne le futur écrivain du monde de Narnia lui donne, avec délicatesse, la réplique. Malheureusement la prestation de ce beau duo est gâchée par une réalisation aberrante. Soucieux sans doute, faute de carrure, de ne pas se confronter à un huis clos, Matt Brown nous égare dans une accumulation de flash-back ou de digressions inutiles. On perd le sens des échanges des deux protagonistes (rien de moins que sur la foi quand même), le rythme et tout le sel de cette confrontation. Certes le film est tiré d’une pièce de théâtre et l’on a sans doute voulu aérer le récit. Mais quel manque d’ambition ou de savoir-faire de la part du réalisateur ! C’est un peu comme si Edouard Molinaro en réalisant Le Souper avec Claude Rich et Claude Brasseur avait tenu à nous retracer par des flash backs incessants la vie de Talleyrand et de Fouché. Il n’avait pas besoin de cette argutie pour réaliser un bijou. Il avait du talent.