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Purgatory.
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le 5 janv. 2017
Voilà une œuvre où Stanley Kubrick ne filme pas seulement la guerre du Vietnam, mais surtout la fabrication du soldat. C'est là tout le sens de la première partie de ce métrage qui se déroule à Paris Island qu'il faut voir comme une première étape dans un patient processus de déshumanisation.
Le sergent Hartman (incarné par Lee Hermey) est un personnage grotesque, outrancier, presque comique ; quand on le découvre avec des yeux d'adolescent, on rit de ses "punchlines" et de son absurdité autoritaire. Mais lorsque on le revoit plus tard, on se rend compte en fait que c'est un personnage glaçant en réalité. Il ne crie pas pour être drôle, il cherche à détruire et à broyer les recrues dont il a la charge et les fondre dans un moule. Il remplace le "tu" par le matricule, il prend un plaisir sadique à humilier, à conditionner ; ce n'est plus un homme, ni même un soldat, c'est l'incarnation même d'un système totalitaire. Et c'est là que pointe la tragédie.
Parce que la tragédie, elle est là, elle arrive avec le soldat Leonard Lawrence (Vincent d'Onofrio).
L' "engagé Baleine" (dans la VF) ou "Gomer Pyle" en VO. Celui qu'on nous présente comme le "faible", le maladroit, celui qui fait tout rater et qui, en fait, est la victime du système. Celui dont l'esprit refuse et ne supporte pas la violence du processus de transformation. Et là où ses camarades acceptent de se soumettre et de plier, lui, il résiste et finit par se fissurer ; il finira par devenir ce que Hartman veut qu'il devienne mais au prix de son humanité.
La scène dans les toilettes est la clé du film.
On y voit ce qu'a produit le système.
Le soldat Lawrence a parfaitement intégré sa formation ; il sait tirer, il a appris à obéir. Il est enfin un "produit conforme". Mais il n'est plus un homme et les plans sur son regard en est la preuve : il a perdu toute trace d'humanité, il n'est plus qu'une bête. Il est la "créature" du système, forgée par Hartman. Toutefois, en lui, subsiste un dernier soupçon d'âme pour saisir la carabine, la pointer sur Hartman et ouvrir le feu, comme pour dire : "Regarde ce que tu as fait de moi" avant de retourner l'arme contre lui pour détruire la "bête".
La seconde partie est plus dérangeante encore.
On y retrouve là tous les gamins du début, devenus des soldats à l'image d'Hartman, parlant comme lui, pensant comme lui. Leur conditionnement a réussi et même Joker, celui qui porte le casque arborant le symbole Peace and Love avec "Born to Kill", est traversé par cette contradiction.
La schizophrénie est presque devenue une norme...
Chez Kubrick, la morale n'est jamais simple. Mais là, ce qu'il nous laisse est moins un pamphlet anti-guerre qu'une autopsie froide d'une humanité qui s'auto-mutile.
Et c'est pourquoi ce film, près de quarante ans plus tard, restera toujours comme un choc.
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le 13 févr. 2026
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