La question n’est pas de savoir si Quentin Dupieux a des idées. L’accélération frénétique de sa production cinématographique constitue en soi une preuve suffisante, tout comme son penchant pour les films à concept nonsensique, penchant suffisamment singulier dans le cinéma français actuel pour engendrer une marque Dupieux. L’intitulé de ce nouveau métrage, Fumer fait tousser, a d’ailleurs des allures de slogan : à partir de cet euphémisme ironique, digne des pires spots de prévention, le film déploie une version parodique des Power Rangers, dont les membres, guidés par un rat-sensei (parfaitement doublé par Alain Chabat), oblitèrent leurs ennemis à l’aide des substances nocives du tabac. Sans doute Dupieux pressent-il, cette fois, que le délire manque de substance, que l’excuse de la nonchalance pourrait ne pas suffire. Son équipe de choc est donc prestement envoyée en séminaire. L’occasion de raconter, au coin du feu, des histoires à dormir debout et à cauchemarder éveillé, qui partagent avec la trame principale — terrible comble de la mise en abyme — cette fâcheuse tendance à finir en queue de poisson, faute de véritable suite dans les idées.