Fiche technique

Année : 2010

Réalisateur :

d'Erik Silance

Synopsis · Le documentaire d’Erik Silance nous plonge dans le quotidien de la prison de Forest On ne parle d’eux qu’occasionnellement, lorsqu’ils font grève et que des policiers sont tenus de les remplacer dans leur boulot. On leur colle souvent une réputation de brutes épaisses. La réalité du travail effectué par ceux que l’on a souvent appelés « matons » et les conditions dans lesquelles ils l’exercent n’ont pourtant pas grand-chose à voir avec les idées reçues. Le grand mérite de Gardiens de prison est de remettre les pendules à l’heure sur ce métier mal connu et mal-aimé, de nous le faire découvrir de l’intérieur, en compagnie des gardiens et des détenus, sans parti pris ni enjolivement. Pour cet excellent documentaire, Erik Silance a d’ailleurs reçu le prix de la presse Dexia 2009 dans la catégorie télévision. C’est à la prison de Forest qu’il a tourné. C’est la plus grande maison d’arrêt du pays. D’une capacité de 500 personnes, elle accueillait 650 détenus au moment de la réalisation – mais elle connaît des pics de 700 « locataires ». L’endroit est surpeuplé, avec souvent trois détenus dans une cellule prévue pour deux, ce qui implique que le linge propre ne suit pas, que les draps ne sont pas changés assez souvent, qu’il n’y a pas d’oreiller pour tout le monde… Il est aussi vétuste, avec la peinture qui s’écaille, des installations sanitaires limites… Bref, tous les éléments sont réunis pour en faire un chaudron en permanence au bord de l’explosion. Et pourtant, ce n’est pas le cas. Sans cacher les bagarres, les coups de fourchettes, les entrées clandestines de drogue ou d’argent pour en acheter, le doc montre l’autre côté de la prison, celui de l’humain. Avec des gardiens qui font de leur mieux pour répondre aux demandes des détenus lorsqu’ils en ont le temps, qui leur donnent des conseils pratiques pour régler leurs problèmes (notamment administratifs). Avec des prévenus (la majorité des « pensionnaires » sont en préventive, pas condamnés) qui reconnaissent la capacité d’écoute du personnel pénitentiaire, qui plaisante avec eux – ça n’a l’air de rien, mais ça désamorce beaucoup de choses. On voit aussi la solidarité entre les gardiens, qui se serrent les coudes à la moindre alerte : la vie de ces hommes et femmes qui ne sont pas armés en dépend. On ne va pas tout dire de ce documentaire, il faut le regarder. Et ressentir. Les gardiens, en tout cas, sont heureux du résultat. Michel Szel, que l’on voit dans le film, avait des tas d’appréhensions avant le tournage. Luimême avait une image très négative du métier avant de l’exercer ; il avait passé en même temps, et réussi, les examens pour entrer à l’administration pénitentiaire et aux TEC et quand c’est la première qui lui a d’abord proposé du boulot, il s’est dit « pas de chance ! » ; mais aujourd’hui, il ne voudrait plus en changer. « En prison, notre job, c’est 90 % de psychologie, d’humanisme, et 10 % de force, quand tout le reste ne fonctionne pas. Nous recourons beaucoup au dialogue, ça permet de réduire les tensions, les incompréhensions. C’est très bien rendu dans le documentaire, les images parlent d’elles-mêmes. »

Casting de Gardiens de prison