Le pitch me parlait bien. Le casting également. Pourtant il s'agit du film le plus ennuyeux, le plus mou que j'ai jamais vu de toute ma vie. Pourtant, même si le site pouvait nous accorder le zéro, je ne l'aurai pas fait. Pour les paysages, juste les paysages et rien que les paysages. Une esthétique sublime.
J'en ai vu des films contemplatifs, j'ai déjà eu affaire à des films que j'ai détesté au premier visionnage pour ensuite me surprendre a garder le meilleur de ce qu'ils avaient, donner du sens aux défauts pour ensuite mieux apprécier. Une sorte d'airbag anti-choc cinématographique qu'on se fait nous même. Vous savez de quoi je parle...
Mais Gerry est vraiment le seul film que j'ai vu de ma vie où les critiques sont bien meilleures que l'oeuvre elle-même. Là au moins il y a quelque chose. C'en est même presque fascinant de voir jusqu'où les critiques peuvent s'allonger en cherchant a retranscrire ce qu'il y a de si sublime. J'en ai lu des théories pleines de sens comme farfelues, des comparaisons bien trouvées, des gens qui aiment même ce qu'il y a de plus banal mais avec une aisance inouïe sur la maîtrise des mots qu'ils parviennent à te faire croire que t'étais complètement shooté au moment du visionnage (ou l'inverse).
On peut en dire ce qu'on veut : De la branlette intellectuelle, des avis de personnes illuminées ayant vraiment compris le sens du film, ou peut-être des charlatans qui font exprès d'avoir aimé le film pour que tu puisses les rejoindre en enfer. (Qui sait?)
Peu importe. Mon cerveau n'arrive pas a faire l'équation. Qu'est-ce que j'ai raté? Pourquoi j'aime pas? Et toi pourquoi tu me lis? Qui je suis bordel?!
C'est le néant total ce film. Allez, je vais même conclure sur le fait que je suis le vrai Gerry en fin de compte. Je suis seul au monde, perdu dans ce désert où chaque grain de sable représente ce qu'il y avait de plus beau mais je suis contenté de marcher dessus inconsciemment, je regarde ailleurs avec désespoir alors qu'en fait le bonheur est là, sous mes pieds et mon esprit est ailleurs.
C'est comme si Gus Van Sant avait filmé son petit délire dans le désert avec deux bonnes têtes d'affiche puis le donne aux spectateurs en disant:
"Tout le monde à vos claviers. Je vous en prie, faites de ce truc un bon film."