D’emblée, oublions qu’il s’agit d’un remake du film de Mike Hodges et considérons ce film pour ce qu’il est. Si on s’amuse à le comparer avec son aîné, ce petit thriller sympathique n’a aucune chance de rivaliser tant il est loin d’atteindre sa puissance. Sa mise en scène très tape à l’œil n’est, d’ailleurs, pas sans poser d’inévitables soucis. Le résultat, très clippesque, avec des choix esthétiques pour faire genre sont, en effet, du plus mauvais effet, et masquent de façon très artificielle le manque de personnalité de la réalisation. Bien entendu, il y a ce temps de chien et cette flotte qui ne cesse de tomber à Seattle, mais tout cela est insuffisant pour donner une ambiance poisseuse à l’ensemble. Ce sont plutôt les acteurs qui, par leur charisme, parviennent à donner une certaine épaisseur au résultat : Sylvester Stallone fait, comme très souvent, largement le job dans un rôle qui lui va comme un gant, on est content de retrouver Michael Caine même s’il ne fait que passer, Mickey Rourke en fait des caisses mais en impose, et les personnages féminins sont globalement soignés.


Porté par un récit bien mené, à défaut d’être aussi passionnant qu’il aurait pu l’être (l’enquête du personnage principal se résume à terroriser les différents personnages pour qu’ils lui donnent des infos), le film se suit avec un certain intérêt. On n’est pas dans le film d’action bien bourrin qu’on aurait pu craindre, mais davantage dans le thriller et dans une peinture presque soignée de ses personnages. Cela n’empêche pas quelques séquences d’action et elles sont plutôt bien fichues, à l’image d’une course-poursuite en voiture qui aurait cependant gagné à se passer de cuts trop serrés comme on aime le faire depuis le début des années 2000 alors qu’on voit bien que les cascades en voitures sont bien réelles. On apprécie, en tout cas, ce choix d’une sècheresse plutôt que d’une surenchère qui plombe ce type de films.


Bien entendu, le résultat n’est pas une grande réussite. Mais à voir combien le film a été descendu à sa sortie et combien il est malmené même par les fans de Sly, j’avoue que je m’attendais à bien pire. On a, au contraire, un petit polar nerveux qui assure le divertissement et qui vaut bien mieux que d’autres titres de ce type. Autrement dit, une petite série B honorable.


Créée

le 19 avr. 2026

Critique lue 29 fois

Get Carter

Get Carter

5

AMCHI

le 5 avr. 2025

Suivre

Get Stallone

Remake oublié de l'excellent La Loi du milieu avec Michael Caine, cette version datant de l'an 2000 voit l'américain Sylvester Stallone reprendre le rôle de l'acteur anglais et transposer l'intrigue...

Get Carter

Get Carter

6

Play-It-Again-Seb

le 19 avr. 2026

Suivre

Petite série B sympathique

D’emblée, oublions qu’il s’agit d’un remake du film de Mike Hodges et considérons ce film pour ce qu’il est. Si on s’amuse à le comparer avec son aîné, ce petit thriller sympathique n’a aucune chance...

Get Carter

Get Carter

3

Redzing

le 22 mai 2023

Suivre

La loi du cachetonnage

En 2000 est sorti ce curieux remake du « Get Carter » de 1971. Où Sylvester Stallone remplace Michael Caine dans le rôle d’un gangster qui vient enquêter sur la mort suspecte de son frère. A...

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

L'Iris blanc - Astérix, tome 40

4

Play-It-Again-Seb

le 15 nov. 2023

Suivre

La philosophie sur le comptoir

Aïe, aïe, aïe... L'arrivée de Fabrice Caro en lieu et place de Jean-Yves Ferri qui venait, à mon sens, de signer son meilleur Astérix dans le texte, était pourtant annoncée comme une bonne nouvelle...

Terreur aveugle

Terreur aveugle

8

Play-It-Again-Seb

le 18 nov. 2022

Suivre

Bottes de cuir sans chapeau melon

Le sujet de la proie aveugle n’est pas entièrement nouveau puisqu’il a déjà été traité dans, notamment, Seule dans la nuit quelques années plus tôt. Le parti-pris de ce film écrit par Brian Clemens...

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

7

Play-It-Again-Seb

le 22 oct. 2021

Suivre

Le retour de la griffe Goscinny-Uderzo

Depuis la reprise de la série par Ferry et Conrad, nos amis gaulois avaient une sacrée gueule de bois. La disparition de René Goscinny avait déjà très sérieusement entamé la qualité des albums même...