On a l'habitude de dire à propos de tel ou tel film: "c'est dommage, il lui manque un petit quelque chose pour être génial". Hé bien avec ce film, c'est le contraire: il y en a trop!
Un film comme ça, c'est fatiguant. A la fin, j'avais l'impression de finir une séance de sport intense. On n'a pas le temps de se poser. Tout est dans la démesure, dans la surenchère, tout est exagéré.
Pour vous donner des exemples, très régulièrement, un personnage parle et sur son dernier mot on balance un écho, il frappe du poing sur la table et on triple ce tapage de poing avec changement d'angle de caméra, un personnage a une simple conversation avec un autre mais il fait des grands gestes dignes des poses prises par Bioman, des bouts d'images en dessin animé / BD qui viennent s'incruster dans les combats, un réalisateur justement qui semble être fan de jeux vidéos et de catch quand on voit ces combats tant les prises sont iconiques (hurricanrana, DDT, saut chassé et autre coup de la corde à linge...). Ajoutez à ça des personnages qui courent et sautent dans tous les sens en hurlant, des gerbes de sang qui repeignent tout l'écran en rouge sur fond de musique métal tonitruante, et vous obtenez ce film.
Pour faire une analogie, on pourrait comparer ça à un DJ qui mixe pour la première fois, qui découvre que sur sa table de mixage, il y a plein de boutons qui lancent des tas d'effets différents. Et qui en voyant cela, ne peut s'empêcher d'appuyer sur tous les boutons toute la soirée. Et vous vous retrouvez à entendre des "piou piou", des "pschhh" et des "oouuuiiiinnn" plus que la musique que vous étiez venus écouter. Même si la musique est belle, elle est complètement gâchée par ce trop plein d'effets. Le trop est l'ennemi du bien, qu'on se le dise.
Heureusement, l'histoire même si elle est simpliste, est sympathique, et surtout les personnages sont très attachants avec tous leurs caractères bien trempés.
Et puis comme ils le disent eux-mêmes au début du film: "un mauvais film, c'est 1h30 de souffrance; un mauvais gouvernement, 4 ans".
Enfin, 5 ans en France.