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Critique de Ghodwa par JonhkebabVK
Un drame sublime sur les traumatismes de la répression et la demande de justice porté par un Dhafer El Abidine charismatique…
le 9 juin 2025
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Réalisateur, acteur et producteur, un premier film pour le tunisien Dhafer El Abidine pour nous parler de l'après révolution de 2011 et de tout ce qui n'aura pas vraiment changé, impactant jusqu'à la cellule familiale. Les bourreaux d'hier bénéficient de postes gouvernementaux, lavés de leur exactions, pour que le pays puisse avancer. Avancer, ce mot que l'on dira à Habib, pour l'écarter. Cet homme traumatisé et torturé lui-même, avocat des droits de l'homme n'aura de cesse de harceler le procureur (Ghanem Zrelli) pour faire reconnaître les droits des victimes du régime de Ben Ali. Avancer donc, tout en le battant dans la rue lorsqu'il insistera un peu trop, ou le renvoyant à la case prison pour éviter de prendre des risques avec ce père pugnace, qui souhaite anticiper un avenir meilleur pour son fils, Ahmed.
Un sujet universel d'importance même si El Abidine se concentre sur son personnage et son fils studieux, omettant un portrait plus global de la société tunisienne d'aujourd'hui. Dommage alors que le propos ne soit pas plus percutant, résumant l'enjeu politique à un simple mantra traumatique récité : Vérité, Justice et Réconciliation. Mais la Réconciliation qui ne peut être sans la Justice rappelle aux manifestations de l'après 2011 pour ces jeunes qui ne se sont pas laissés abusés par un nouveau gouvernement qui a bien du mal à s'émanciper d'une mémoire courte et d'une certaine dictature. Les déambulations de Habib dans les rues de Tunis montrent que rien ne change, les policiers abusent toujours, la pauvreté est palpable et les regards absents.
Si les expressions de l'acteur sont parfois peu convaincantes, on remarque le tout jeune et parfait Ahmed Berrhouma, tout en émotion et sobriété, inquiet pour ce père qui se perd entre l'hier et l'aujourd'hui. Alertant ses proches, l'homme semble vouloir oublier que les espoirs ont été avortés et que la révolution n'est pas encore arrivée.
El Abidine appuie son portrait par une certaine lenteur, étirant ses scènes, jouant du flou ambiant sans que l'on sache toujours où se situe le délire paranoïaque, filmant les regards perdus du père comme du fils face à une maladie qu'aucun soin ne semble pouvoir guérir. Les inserts fantasmatiques de la rayonnante Rabeb Srairi, symbole de liberté, viennent souligner ceux qui auront été définitivement écartés, en porte-à-faux de celle qui s'accommode de son semblant, par le personnage de l'ex-épouse, Najla ben Abdallah, en retrait de cet homme qu'elle ne comprend plus. C'est aussi toute l'imagerie solidaire par Bahri Rahali qui rajoute au métrage un sentimentalisme maladroit. Mais ce voisin d'un âge souligne le pragmatisme, toujours là pour soutenir Habib et ses logorrhées dépressives.
Godwa c'est donc demain et tous ses possibles, nous dit-il, où la lutte semble essentielle pour un bel hommage à la transmission père-fils.
Créée
le 22 janv. 2023
Modifiée
le 22 janv. 2023
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