6
il y a 5 jours
SuivreGrossis le trait
De Joko Anwar je n'avais jusqu'ici vu que "Satan's Slave" et "Impetigo", cette fois il y a un mélange de comédie et de gore qui aurait pu être plus subtil mais qui se laisse tout de même regarder...
Si le cinéma de genre indonésien nous a habitués depuis une décennie à des décharges d'adrénaline brutes, Joko Anwar continue d'orchestrer son propre jeu de quilles théorique et sanglant. Avec Ghost in the Cell, le cinéaste transforme le pénitencier de haute sécurité de Labuan Angsana en un vaste théâtre de guignol macabre où la lutte des classes se règle à coups de hache et de prières collectives.
Un High-Concept sous tension zen
Le point de départ tient du pur délire de série B décomplexée : une entité vengeresse issue des forêts saccagées de Bornéo s'invite dans un milieu carcéral gangrené par la corruption. Sa règle du jeu ? Elle n'assassine que les individus trahi par une aura rouge sang, symbole de rage, de ressentiment ou de vice. Pour les détenus comme pour les gardiens, le constat est immédiat : pour ne pas finir éventré, il faut rester zen.
C’est là que le film trouve son régime de croisière le plus réjouissant. Voir des brutes de la pègre locale abandonner un surin pour partager un tapis de prière, improviser un cours d'aquarelle ou se lancer dans une chorégraphie grotesque en plein affrontement relève d'un comique absurde particulièrement savoureux. Anwar ne fléchit pas non plus sur le versant horrifique : les exécutions, d'une générosité gore réjouissante, transforment les cadavres en véritables scénographies macabres, revisitant avec malice l'imagerie des sept péchés capitaux.
La satire au scalpel, le rythme en dent de scie
Derrière la farce sanglante, le sous-texte politique ne fait aucun détour. La prison est le miroir grossissant d'une société indonésienne étouffée par la corruption institutionnelle et l’impunité des puissants — incarnés par ce politicien VIP vautré dans sa cellule de luxe avec climatiseur et sofa. Le spectre n'est pas le véritable monstre de l'histoire ; il est le seul élément de vérité dans un système profondément pourri.
C'est toutefois dans son dernier tiers que le mécanisme s'enraye légèrement. À force de vouloir verrouiller sa démonstration, le film délaisse la suggestion pour un discours parfois trop explicite et didactique. Le scénario accélère subitement le pas dans un climax résolu de manière un peu précipitée, tandis que certains personnages secondaires basculent dans le pur ressort comique, désamorçant au passage la tension dramatique qu'Anwar s'était appliqué à bâtir.
Verdict
En dépit d'un scénario qui manque parfois de subtilité et d'un final bousculé, Ghost in the Cell reste une proposition généreuse, hautement divertissante et portée par une vraie foi de cinéma. Un grand huit carcéral, bancal par moments, mais diablement rafraîchissant.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Humour...Noir! et Boooooom Headshot !!!
Créée
le 28 août 2026
Critique lue 67 fois
6
il y a 5 jours
SuivreDe Joko Anwar je n'avais jusqu'ici vu que "Satan's Slave" et "Impetigo", cette fois il y a un mélange de comédie et de gore qui aurait pu être plus subtil mais qui se laisse tout de même regarder...
5
le 21 mars 2014
Suivrele 21 mars 2014
J'avoue, je ne me suis pas foulé sur le titre! Tout d'abord, le film de Jonze arrive sur nos écrans armé de deux gros arguments : - Une solide réputation bâtie sur l’originalité de son pitch : Un...
4
le 19 sept. 2012
Suivrele 19 sept. 2012
Déception! C'est le premier mot qui me vienne à l'esprit juste après le visionnage de Prometheus de Ridley Scott ( Ride Biscotte dans ce cas là ! ) . Comme tant d'autres, l'attente du retour du...
6
le 7 nov. 2015
SuivreQue le temps passe vite! J'écris cette critique pendant que ma femme écoute un livre spirite sur youtube vous vous en foutez? D'accord! (Je vais être vulgaire) Après le viol brutal (et déchirant!!!)...