Il y a 17 ans, le cinéaste renommé Ridley Scott nous proposait son dernier chef d'œuvre avec "Gladiator", quintuplement récompensé aux Oscars (dont celui du meilleur film et du meilleur acteur pour Russel Crowe), et mettant en scène deux futures grandes stars d'Hollywood : Russel Crowe (Maximus) et Joaquim Phoenix (Commode), excellents dans leur rôle. En effet, ces deux personnages, grâce à leur personnalité opposée (Maximus est un général victorieux charismatique, fidèle et loyal à l'Empire tandis que Commode est un homme faible, cruel et avide de pouvoir) renforce l'intérêt de cette histoire, librement inspirée de faits réels.
Ce long métrage est l'occasion pour Scott d'à la fois ressusciter et revaloriser un genre de films de plus en plus délaissé par les studios de productions depuis les années 1970, à savoir le péplum. Véritable hommage aux péplums des années 1950/1960 notamment "Les Gladiateurs" (Delmer Daves, 1954), "Spartacus" (Stanley Kubrick, 1960) et "La chute de l'Empire romain" (Anthony Man, 1964), "Gladiator" est un film qui constitue une référence en matière de réalisation. En effet, son ambition tout à fait remarquable, nous procure une puissance émotionnelle avec à la fois de l'émerveillement et de la tristesse jusqu'à la conclusion particulièrement émouvante (renforcée par la magnifique musique du célèbre Hans Zimmer). La bande originale épique et très maîtrisée, marquée par la touche tant reconnaissable de son légendaire compositeur, nous rappelle beaucoup celle de la saga "Pirates des Caraïbes, débutée en 2003 et glorifiée par Zimmer.
La scène d'ouverture plante instantanément le décor : nous sommes plongés au cœur de l'armée romaine qui lutte contre les barbares Germains. Rien que la manière de filmer la bataille en pleine forêt avec l'utilisation de quelques ralentis est mémorable. S'en suivent des scènes très prenantes (les assassinats de l'Empereur Marc Aurèle et de la famille de Maximus, l'arrivée de Maximus à Rome, les combats dans le Colisée...).
La reconstitution historique est quant à elle admirable. Outre le fait que les exactitudes historiques ne sont pas forcément respectées, le film s'en détache habillement et réussit à nous offrir une belle leçon de Cinéma. Toute l'ambiance du long métrage est parfaitement maîtrisée de manière à tenir le spectateur en haleine du début à la fin.
En conclusion, grâce à sa réalisation talentueuse, Ridley Scott, nous offre ainsi un beau spectacle à voir et à revoir. L'un des meilleurs péplums, si ce n'est le meilleur tourné jusqu'à présent !
Par ailleurs, c'est grâce à l'immense succès du film que d'autres péplums de qualité ont pu voir le jour, tels que "Troie" (Wolfgang Peterson, 2004) et "Alexandre" (Oliver Stone, 2005).