A l’aube du XXIe siècle, Ridley Scott ressuscitait le genre du péplum qui sans avoir jamais vraiment disparu n’était plus en vogue depuis des décennies.
D’où vient l’immense succès rencontré par ce film ? Il y a la superbe réalisation de Ridley Scott qui nous captive de bout en bout, la musique de Hans Zimmer, la reconstitution soignée et précise de l’antiquité, les séquences inoubliables : la bataille entre l’armée romaine et les barbares germains, les combats brutaux et réalistes des gladiateurs, tout particulièrement au Colisée, le sommet étant la séquence durant laquelle les tigres ajoutent une tension supplémentaire. Mais plus que tout, il y a le personnage de Maximus campé par un Russel Crowe inspiré. Le destin de cet homme nous touche. Un homme à la fois vulnérable car un homme qui aime : l’empire, Rome, l’empereur Marc Aurèle qu’il a servi fidèlement, mais plus que tout, sa famille et sa maison. Il est l’homme qui caresse doucement les blés et se souvient de ses arbres. Mais c’est aussi un homme fort, inébranlable. Brisé et déchu, il ne plie pas. Sa force c’est son innocence et sa droiture. Il est celui qui peut défier l’empereur et le regarder droit dans les yeux sans ciller parce qu’il n’a rien à se reprocher. Il est l’homme qui draine l’enthousiasme des foules à la recherche de héros, celui qui sait rassembler autour de lui par son autorité naturelle. Il est l’homme animé par le feu de la rage qu’il sait contenir. L’homme qui patiente et attend son moment sans le laisser passer. L’homme qui sait où il va et qu’il est attendu. Qui peut être plus fort que celui qui ne craint pas la mort et n’a plus rien à perdre ? Face à lui, un empereur vil qui s’est emparé du pouvoir, qui tremble de peur, avide d’être aimé parce qu’il ne s’aime pas lui-même. La partie est inégale, le face à face redoutable et son dénouement spectaculaire.
Gladiator est un film qui me prend aux tripes, l’un des sommets du 7e art. Il a tout pour lui : la forme et le fond. Il est non seulement un film d’action, mais surtout un film qui a une histoire à raconter et des personnages remarquablement écrits. Puisse le 2e volet qui s’est fait attendre être à la hauteur et même le surpasser si cela est possible.
Mon nom est Maximus Decimus Meridius, commandant en chef des armées du Nord, général des légions Felix, fidèle serviteur du vrai empereur Marc Aurèle. Père d'un fils assassiné, époux d'une femme assassinée, et j'aurai ma vengeance dans cette vie ou dans l'autre