Année 2000, le 21ème siècle vient tout juste de commencer. Le cinéma ne s'attend pas à ce qui se prépare. Une brise tiède fait tournoyer la poussière sur les plateaux hollywoodiens. Une tempête approche et elle apporte avec elle un renouveau que personne n'espérait. Cette tempête a un nom : "Gladiator".
On dit que le battement d'ailes d'un papillon en Chine peut provoquer une tornade aux Etats-Unis. Ce phénomène est appelé l'effet papillon. Dans le cas présent, ce n'est pas un battement d'ailes qui a provoqué la tempête "Gladiator" mais le claquement de mains d'un homme : Ridley Scott. Après un passage à vide pendant une bonne partie des années 90, le cinéaste britannique revient sur le devant de la scène sur un char tiré par 4 majestueux pur-sang. Cet homme se met en tête de réaliser un péplum alors que le genre est quasiment tombé dans l'oubli à l'époque. Avec un claquement de mains, Ridley prend sa décision, engage pour la première fois Russel Crowe pour le rôle principal et nous sort un film épique, grandiose et émouvant comme on en voit peu.
Russel Crowe ne sait pas encore que ce premier film sera suivi par plusieurs autres collaborations avec M. Scott. Il ne sait pas non plus que ce rôle fera de lui un acteur oscarisé et qu'il le projettera sur le devant de la scène. Russel ignore tout cela mais il se donne à fond, interprétant un général romain déchu mais qui garde toujours avec lui force et honneur pour se donner le courage d'avancer malgré les difficultés et de se venger. Il donne vie à Maximus, un héros emblématique, qu'il va imposer par sa prestance, son charisme et son talent. A ses côtés, on trouve un Joaquin Phoenix qui joue un Commodus tout en cruauté.
Derrière la caméra, Scott déchaîne son talent. Sa mise en scène sublime le film. Il ne nous avait pas autant épaté et émerveillé depuis "Blade Runner". En privilégiant l'authenticité au spectaculaire, choisissant des paysages magnifiques, s'entourant d'une équipe qui créa des milliers de costumes plus vrais que nature et faisant une nouvelle fois appel à Hans Zimmer pour composer une BO ahurissante de puissance et d'émotion, Ridley Scott réalise un péplum unique et magique qui a lui seul redonna toutes ses lettres de noblesse à un genre tombé dans la désuétude.
La tempête "Gladiator" souffla un vent épique qui surpris le tout Hollywood, balayant avec lui les dernières inquiétudes quant au talent de Ridley Scott et donnant une nouvelle vie à un genre qui a encore de beaux jours devant lui.