Comment faire une critique lorsqu'on est aussi fanatique que moi d'une telle oeuvre ?
Gladiator frise la perfection. Commençons par les (rares) défauts de ce fantastique péplum : un certain nombre de libertés prises avec la réalité historique (au niveau des gladiateurs, et de quelques détails politico-historiques comme le fait que la succession filiale n'était pas monnaie courante dans l'Empire romain, ou encore que le règne de Commode n'a pas été si court que présenté^^ et que la République ne lui a pas succédé...). Mais ces libertés ne nuisent pas pour une fois à la crédibilité et à la force du chef d'oeuvre absolu de Ridley Scott.
Car tout est construit avec brio dans ce film et dégage une impression de grandeur d'âme.
Servie par une bande sonore grandiose de l'inénarrable Hans Zimmer (que de frissons à chaque fois que j'écoute la puissante sérénité de Strength and Honor, ou que retentit Barbarian Horde !), l'émotion est omniprésente, à la fois poignante et sobre, si bien que jamais je n'ai eu l'impression de mièvreries comme on peut en trouver dans certains films hollywoodiens.
Le personnage de Maximus est exceptionnel de charisme. D'abord glorieux et vertueux général de Rome, il meurt une première fois symboliquement, avant de ressusciter, réincarné en un vengeur brutal et sans sentiments, dans lequel ceux qu'il côtoie ne cessent pourtant de déceler une magna anima.
On pourrait citer un à un tous les personnages de cette fresque épique, de Marc-Aurèle à Commode, en passant par Juba ou encore Lucilla, tous touchants, tantôt fascinants de grandeur ou d'humanité, tantôt effrayants de pragmatisme ou de cruauté.
Ridley Scott a trouvé dans son oeuvre le parfait équilibre entre actions épiques (bataille initiale, comme combats dans l'arène), intelligence et coeur, livrant un ensemble émouvant, où l'on ne s'ennuie pas, et qui fait rêver.
Des scènes devenues cultes, des répliques fortes, une apothéose en guise de bouquet final, tout décidément concourt à me faire aimer (si ce n'est plus) Gladiator !