Ridley Scott est un réalisateur à part, capable de produire des chefs-d'œuvre absolus comme Alien, Blade Runner ou Thelma et Louise et des énormes navets comme 1492 : Christophe Colomb, À armes égales ou Alien Covenant. Et Gladiator faisait clairement partie de la première catégorie avec cette ambition démesurée de ressusciter le Péplum, un genre complètement délaissé depuis les années 60 et dont le dernier représentant majeur était l'excellent Spartacus de Stanley Kubrick. On y retrouvait d'ailleurs un peu le même esprit que Spartacus avec cette histoire d'esclave rebelle remettant en cause le pouvoir totalitaire des Romains aux travers de son activité de Gladiateur. Si tout le monde sait déjà que Ridley Scott est un maître de l'esthétique, Gladiator ne dérogeait pas à la règle avec ses décors fastueux, ses costumes soignés, ses effets spéciaux imposants et sa photographie superbe. Il y avait dans Gladiator une volonté de coller au plus près de la vérité historique de l'époque et même si le scénario manquait un peu d'originalité, cette histoire de vengeance portée par un Russell Crowe au sommet de sa gloire et un Joaquin Phoenix en pleine ascension reposait sur une mise en scène très soignée et des rebondissements souvent inattendus. Il fallait aussi souligner l'excellente partition de Lisa Gerrard et Hans Zimmer arrivant tour à tour à émouvoir, à fasciner ou à choquer au travers des scènes de combat âpres, sanglantes et épiques. On peut le dire, Gladiator est un grand Péplum digne de l'âge d'or du genre, une lettre d'amour à destination de tous ceux qui aiment les récits d'aventure mêlant la fiction et l'histoire avec panache et n'ayant d'autre but que de les transporter à une autre époque contrairement au second opus venant tout juste de sortir sur grand écran et qui n'a d'autre but que de faire de l'argent, lui.