Le théâtre des vendeurs immobiliers
"Glengarry", petite perle du (piteux) cinéma de James Foley, se rapproche plus de l'art théâtral que du grand écran. En effet, mis à part le casting prestigieux (Al Pacino, Alec Baldwin, Kevin Spacey, Jack Lemmon, rien que ça), & quelques scènes d'évidence servant à donner une certaine profondeur de vie chez les protagonistes, rien dans ce film ne laisse présager un "film". & cause en est, c'est en fait l'adaptation d'une pièce !
Le film se structure très simplement en deux scènes, l'une étant le premier jour, l'autre le lendemain. Une course acharnée pour sauver son poste commence entre les vendeurs d'une petite entreprise immobilière. Entre monologues moralisateurs ou publicitaires, phrases chocs (dont des citations qui resteront à jamais en mémoire : Moss dit "What's your name?" & Blake répond "FUCK YOU, that's my name!! You know why, Mister? 'Cause you drove a Hyundai to get here tonight, I drove a eighty thousand dollar BMW. That's my name!!"), mensonges, fausses amitiés & coups fourrés, ce film n'est en fait qu'un simple passage théâtral capturé.
& c'est bien là le hic : aussi magistral soit le film, le spectateur lambda, dupé par la richesse du casting, se risquera à l'ennui, à l'inverse d'une personne avertie ou appréciant l'art dramatique.
Ainsi, James Foley signe le seul grand film de sa carrière, bien qu'il aurait pu être plus approfondi. Il s'agit là d'une oeuvre pleine d'originalité & riche de mise en scène. Réservé, donc, aux amateurs du genre ou aux explorateurs d'horizons sous-exploités.