Godzilla
7.1
Godzilla

Film de Ishirô Honda (1954)

J'ai toujours rêvé de me taper les "Godzilla". Rassurez-vous, je n'évoque aucun fantasme consistant à avoir des rapports sexuels avec un lézard de trente mètres mais bien l'envie de me faire toute la filmographie du géant vert. Car hormis le premier opus de 1954 et la contrefaçon avec Jean Reno, je n'avais jamais pu mettre la truffe sur les films de la Toho, devant me contenter de photos d'exploitation dans les magazines ou sur internet. Chose sur le point d'être réparée sauf cataclysme d'ordre purement breton, ce qui peut arriver sait-on jamais.

Pur produit de l'ère nucléaire, Gojira (phonétiquement Godzilla) est le cauchemar atomique qui revient hanter la mémoire des japonais quelques mois seulement après l'affaire du Dai-Go Fukuryu Maru (un bâteau de pêche qui aura la malchance de voguer sur l'atoll de Bikini, non loin du lieu où les USA feront exploser une bombe à hydrogène, et dont l'équipage repartira avec de sérieuses séquelles), c'est la nature qui vient rappeler à l'ordre le monde moderne et industriel, c'est un dragon qui rend à l'homme sa condition de grain de sable dans l'univers, une masse impitoyable venu du fond des âges renverser tout sur son passage.

Tourné dans un noir et blanc charbonneux à vous foutre les pétoches, hanté par la musique expérimentale de Akira Ifukube, "Gojira" premier du nom est un violent pamphlet contre la folie des hommes, un monster-movie cathartique et métaphorique finalement plus proche de bandes comme "Them !" que du kaiju eiga comme nous le connaîtrons plus tard, extrêmement sombre et prenant son sujet très au sérieux.

Si l'exposition est un peu longuette et si Inoshiro Honda rate la première apparition de son monstre vedette, il réussit tout le reste, parvenant à faire exister des personnages humbles et proches du peuple au milieu de séquences relativement spectaculaires (du moins pour l'époque), conférant aux effets spéciaux rudimentaires de Eiji Tsuburaya un charme et une poésie certaine, apte à vous redonner votre âme de gosse.

Le gros gamin fan de dinosaures qui est en moi a même versé sa petite larme lors d'un final émouvant, mort tragique d'un monstre n'ayant jamais demandé à naître et sacrifice ultime du seul homme capable de le détruire et qui emportera son secret au fond des abysses afin de conserver un semblant de paix.
Gand-Alf

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