Après l'échec du film Godzilla de 1998, les studios américains reprennent le Kaiju par l'épine dorsale et décide, en 2014 de sortir une nouvelle adaptation occidentale du célèbre monstre japonais. Si le succès est au rendez-vous et le monstre bien plus apprécié que le désastreusement célèbre Zilla, on peut se demander si cette adaptation est meilleure.


Déjà, nous noterons que Godzilla ne pouvant être réellement l'antagoniste du film (les Muto ont ce rôle là) ce qui fait que le dangereux lézard n'apparaît que durant 8 minutes. Sur deux heures, c'est peu. Deuxièmement, malgré une réelle réussite visuelle pour Godzilla (qui respecte le character design originel tout en le modernisant et surtout avec un budget largement supérieur), on regrettera le côté très sombre des scènes, parfois de manière artificielle, et le fait de fuir certains moments d'affrontement, là encore de manière bien trop gratuite.


Le film préfère se concentrer sur l'histoire de Ford Brody, militaire américain, de retour au Japon pour retrouver son père, Joe Brody, qui n'a jamais fait le deuil de sa femme. Cette-dernière est morte 15 ans plus tôt à la suite d'un accident nucléaire qui n'est pas anodin pour Joe. À peine Ford est-il de retour qu'il découvre avec son père que le dit accident venait d'un monstre géant, un Muto, qui comme par hasard, s'échappe à ce moment.
Et là, boum ! Joe meurt, et Ford se contente de voguer via des scènes d'actions pour rentrer chez lui et retrouver sa famille. On est dans un film catastrophe assez typique mais sans aucun enjeu derrière, sans aucun sous-texte, sans aucun propos réel. Jamais la relation de Ford à son père, sa mère, son passé et son rôle de père ne sont joués. Pourtant, cela aurait été évident : Ford a fait le deuil de sa mère et a pu avancer jusqu'à devenir lui-même père. Or, maintenant il retrouve son père, fixé au passé, qui a justement, par cela pu découvrir la vérité. Le film aurait dû se concentrer sur une transmission du passé vers le futur. Cela aurait été un peu cliché et déjà-vu, mais ça aurait permis au film d'avoir un propos.
Il ne faut pas s'étonner alors que Bryan Cranston, jouant le rôle de Joe, fut le premier à critiquer le choix de scénarisation.
Le film est donc très plat dans son propos, se contentant d'être un film catastrophe où l'on préfère nous montrer un type paumé qui voyage et survit à chaque fois par chance que de nous montrer, sous l'angle militaire exclusivement, la force des Kaijus. C'est donc l'angle choisi qui se révèle fort pauvre et manque de nous convaincre.


Un petit divertissement, tout au plus, rien d'autre. Les acteurs n'ont pas grand-chose à offrir, le scénario peine à choisir entre l'angle personnel du héro et une vision plus large, mais globalement celle-ci n'est guère présente.
On s'étonne surtout de la volonté de revenir aux Kaijus pour finalement partir très loin de la culture japonaise. Ce film n'a rien de différent avec un autre film de catastrophe américain. Jamais on ne sent réellement une touche japonaise. Le début du film est bien au Japon, mais à part cela, nous n'avons rien. L'écho à Hiroshima se fait à peine voir, il est mentionné mais jamais traité. Toute la thématique japonaise de Godzilla est quasiment passé sous silence, on nous fait juste vaguement comprendre qu'il est un « gentil » (dans une logique bien américaine d'ailleurs).
Le choix même des Muto étonnera : pourquoi pas un vrai Kaiju en adversaire ?
On a donc un film qui ne parvient ni à proposer quelque chose d'intéressant, ni à respecter réellement quoique ce soit des Kaijus. On a juste quelques belles scènes avec Godzilla et encore …


Après le visionnage, je reviens cependant sur mon jugement du film de 2019 : King of Monsters me semble supérieur en tout point, aussi bien dans le propos, dans le respect des matériaux originels, dans le visuel. C'est déjà ça : la nouvelle franchise Godzilla s'améliore avec le temps !

mavhoc
3
Écrit par

Créée

le 16 août 2019

Critique lue 162 fois

Godzilla

Godzilla

3

Saint-John

le 20 juin 2014

Suivre

Monstres & Cie

J'ai jamais pu encadrer les monstres. Vraiment pas mon truc. Ça sert vraiment à rien un monstre quand on y pense, juste à vous foutre un chambard pas possible et à déféquer dans tous les coins de...

Godzilla

Godzilla

6

zombiraptor

le 22 juil. 2014

Suivre

Le Géant de Terre

Le nom de Godzilla a depuis bien longtemps dépassé sa simple origine. Il est entré par les déflagrations de vigueur dans la culture populaire et s'est imposé en symbole de destruction apocalyptique,...

Godzilla

Godzilla

5

Sergent_Pepper

le 4 juin 2014

Suivre

Batailles, FAMILLE, batteries.

Une fois n’est pas coutume, commençons sans ironie aucune par ce qui est sauvable dans ce film que je suis allé voir à cause de Stéphane Bou, qui dans un épisode récent de « Pendant les travaux, le...

Monty Python - Sacré Graal !

Monty Python - Sacré Graal !

3

mavhoc

le 23 mai 2014

Suivre

J'ai presque honte de ne pas aimer

Ce que je vais dire va surement sembler un peu bête, mais globalement je chie sur les critiques contemporaines professionnelles. Mon respect va aux avis des membres actifs du milieu du cinéma, ainsi...

Black Book

Black Book

5

mavhoc

le 5 mars 2016

Suivre

Public aveuglé

Salué par la critique Black Book nous montre l'amour de Paul Verhoeven pour les scénarios longs sans longueur et les œuvres dotées d'image marquante. L'esthétisme ultra-soignée du film qui est...

The Crown

The Crown

7

mavhoc

le 24 avr. 2019

Suivre

Anti-binge-watching

Curieuse série que The Crown. Curieuse puisqu'elle se concentre sur la vie d'Elizabeth II, c'est-à-dire La Reine du XXe siècle, mais une reine sans pouvoir. The Crown est une série qui s'oppose à...