Un pamphlet anti-nucléaire impressionnant et un gros blockbuster émouvant...
Réalisé par Gareth Edwards, on peut dire que ce remake du film japonais d'Ishiro Hônda était plus qu'attendu, vu les trailers impressionnants proposés les derniers mois précédant sa sortie, jouant efficacement sur la non-présence du célèbre monstre japonais !
Après l'avoir vu (et en adoptant la posture du "spoil minimal" : Rien lu au sujet du synopsis et des premiers retours presse/spectateurs), je me suis enfin senti rassuré, notamment après avoir entendu de lointains échos assez tiédasses comme premiers retours au sujet du film.
Le "Godzilla" 2014 est loin, bien loin des blockbusters typiques américains : De la version de 1997 par Roland Emmerich aux gros films de baston qui font la tendance des blockbusters américains actuels (du genre "Transphormers", "Man of Steel"...), le film de Gareth Edwards se propose et assume son genre de "film catastrophe" : Retirez les monstres géants et vous assisterez à des catastrophes naturelles de grande envergure. Le réalisateur a d'ailleurs l'idée de jouer sur un effet miroir avec nos propres catastrophes de ces 15 dernières années : Du tsunami en Thaïlande au séisme à Hawaii, en passant par la catastrophe de Fukushima et une (petite) allusion au 11 Septembre (sans que ça parte dans le lourdingue, néanmoins), "Godzilla" nous parle d'une nature bien plus forte que nous et que nous ne pouvons contrôler et les conséquences de nos propres erreurs... infligées sur cette même nature...
Ainsi, le point de vue reste uniquement au niveau des humains, qui sont les témoins impuissants de la nature qui se déchaîne autour d'eux, et dont ils restent en partie responsables à cause de leurs tests nucléaires...
De plus, Gareth Edwards a l'intelligence de créer des enjeux familiaux avec son film, pour donner plus d'intensité à certaines scènes. Je dois avouer avoir eu la larme à l'oeil à plusieurs reprises, et ce, dès la quinzième minute du film, où a lieu un incident déclencheur particulièrement intense et émouvant !
Enfin, il y a le monstre, Godzilla : Certains reprocheront au réalisateur de peu l'afficher à l'écran, et pourtant, j'ai senti sa présence même lorsque l'on ne le voit pas à l'image. J'ai trouvé, au contraire, que le réalisateur a parfaitement réussi à montrer la présence de son monstre, sans pour autant le filmer sous tous les angles possibles ! Grâce à cette atmosphère mystérieuse, angoissante (qui m'a beaucoup rappelé certains moments de tension vu dans "Alien" ou "Jurassic Park"), mais aussi lorsqu'il décide de le faire apparaître aux yeux de tous : Ses postures souvent iconiques, son hurlement inscrivent ces images directement dans la mémoire ! De plus, Gareth Edwards, caractérisant son monstre comme un véritable "Dieu" de la nature (dixit les dialogues du film), parvient à lui donner une personnalité, une empathie dans les moments de faiblesse du kaiju, qui fait que le climax final du film en devient plus fort et émouvant !
Le film de Gareth Edwards est un peu à part des grosses productions actuelles : Cherchant souvent à prendre son spectateur de revers (le premier monstre apparaissant n'est pas Godzilla, qui, lui, n'apparaît pas avant une petite heure de film... un peu comme dans "Jurassic Park", tiens !), il en laissera plus d'un sur le carreau ! Malgré quelques incohérences au niveau du scénario et un ventre mou au milieu du film, "Godzilla" parvient à créer des moments que l'on n'avait pas vu depuis "Jurassic Park" ! L'incroyable musique d'Alexandre Desplat y est d'ailleurs pour beaucoup ! Et que dire de ce dernier tiers du film, quasiment parfait, compilant de manière assez jubilatoire une baston assez homérique entre les "kaijus" et la tentative désespérée d'une troupe de G.I. cherchant à rattraper leurs conneries (sans spoiler d'avantage), et tout ceci avec un souffle épique, une intensité clouant directement son spectateur sur le fauteuil !
Certains acteurs pourront se montrer un peu caricaturaux également, mais ils restent avant tout humains, assistant impuissants à leur propre destruction.
Un impressionnant pamphlet anti-nucléaire, mais également un beau divertissement où les personnages existent, et où l'on entre en parfaite empathie avec eux ! Et vu le succès colossal qu'obtient ce film, rien qu'aux Etats Unis, il est clair que Gareth Edwards n'a pas à rougir face à l'impressionnant travail qu'il a effectué ! Salut l'Artiste !
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