Roland Emmerich a toujours eu la main lourde, mais avec ce projet colossal, il franchit un cap dans la démesure décérébrée. Le Godzilla de 1998 est le prototype absolu du blockbuster hollywoodien cynique qui sacrifie toute ambition narrative sur l'autel de la pure pyrotechnie. Matthew Broderick a l'air constamment perdu face au néant des fonds verts, et Jean Reno cabotine dans une caricature d'agent français qui ferait presque passer notre cinéma hexagonal pour subtil.
La mise en scène s'effondre dans un deuxième acte lourdement calqué sur Jurassic Park, réduisant l'aura du kaiju à celle d'un vulgaire lézard de supermarché. Par ailleurs, si ce Godzilla formaté offre quelques morceaux de bravoure urbaine, le cœur n'y est absolument pas.
Pourtant, le véritable affront fait au monstre ne réside pas dans ces choix artistiques douteux. D'ailleurs, savez-vous pourquoi le design de la bête a déclenché une colère noire chez les exécutifs de la Toho, et quel détail précis de la production a définitivement condamné l'âme du film ?
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