Après la folle mode des années 90 qui consista a coloriser inutilement des chef d'œuvres du noir et blanc, voici la marotte du cinéma de ce siècle : faire des films en couleur et les passer en noir et blanc. Dans les meilleurs des cas cela nous donne des expériences interessantes ( la version "Black and Chrome" des deux derniers Mad Max, ou Nightmare Alley. ) mais dans la plupart, c'est reçu comme un gadjet inutile et oubliable ( The Mist, Parasite, Logan... )
Cependant, à l'annonce de l'arrivée prochaine de Godzilla Minus One Minus Color, je me suis pris à me dire que là résiderait peut-être l'élément qui allait apporter au film l'équilibre stylistique qui lui faisait défaut... Aussi m'engouffré-je sans plus attendre dans une salle obscure.
Et Bingo ! Godzilla Minus One trouve sa forme la plus probante, l'immersion émotionnelle est accrue, l'alchimie du neuf et du vieux trouve son parfait point d'équilibre. On a affaire à un cinéma total, débarrassé de ses fards modernes, concentré sur le plaisir pur de retrouver se monstre septuagénaire toujours aussi puissant. Un spectacle absolu, une expérience hors du temps aux frissons garantis.
Même les éléments narratifs qui constituaient un impair dans la version couleur, comme les coïncidences astronomiques ou le happy end sirupeux inséré au chausse-pied, semblent être mieux assumés, intégrés dans l'ensemble comme si ces choix s'avéraient accompagner une pensée plus vaste et plus importante.
Je ne pourrai plus voir le film que sous cette forme.