Le discours d’une mère
1974: Golda Meir, premier ministre d’Israël, comparaît devant une commission d’enquête sur son rôle durant la guerre du Kippour, une année plus tôt, où Syriens et surtout Égyptiens attaquèrent l’assez jeune Etat soutenu par les Etats-Unis. Comment cette femme a-t-elle vécu ces semaines éprouvantes et avait-elle pris toutes les décisions appropriées?
Le voici ce biopic politico-militaire sur l’une des plus influentes pionnières politiques du XXÈME siècle. Comment diriger un monde masculin et mener un autre combat interne? Assez forte expérience.
Une image d’archive suivie d’une capture sur image de ce visage de femme assise face à une Cour masculine: on se demande au début comment une femme pouvait alors s’imposer au milieu de ces hommes? En ayant un comportement maternel, à la fois strict envers son État-major et ses confrères politiques, et attendrissant envers ses citoyennes, notamment son assistante secrétaire et ces dactylos malgré elles contraintes de l’impensable : pleurer une perte proche.
Pas de discours sous forme d’allocution mais une véritable intrusion dans le quotidien de cette fumeuse littéralement droguée par la nicotine la portant même lors d’une incroyable séquence où la fumée se mélange au feu des missiles et canons.
Si on peut douter de la véracité de certains faits ou y voir un élan patriotique tel l’Ukraine d’aujourd’hui, on ne peut qu’être impressionné par la qualité visuelle et sonore, par la prestation d’Helen Mirren et surtout par le juste procès des alliances forcées avec une féroce satire sur l’hypocrisie ici américaine à nouveau mise à mal.
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