7
le 6 nov. 2014
SuivreLa Folie des Grandeurs
Troisième mission pour l'agent Bond, qui accueille avec Goldfinger un nouveau réalisateur en la personne de Guy Hamilton qui va installer cette aventure comme l'une des plus célèbres de la saga 007...
Je vais essayer d'expliquer les sentiments que m'inspirent le film (attention spoilers).
A la manière d'un Indiana Jones, dont le réalisme des situations et la plausibilité des scènes d'action n'est pas le souci premier, c'est dans l'identification au héros que se situe l'intérêt d'une telle production. Ainsi on rêve d'être un espion sauvant le monde des griffes d'un allemand et d'un coréen obèses, assistés de leurs sbires (bridés cela va sans dire) ; ainsi on rêve d'être un séducteur auquel aucune femme ne résiste ; ainsi on rêve d'avoir un humour en toute occasion et un sang-froid immense.
Ensuite, il faut signaler la présence d'un Sean Connery incarnant à la perfection le héros - que dis-je le surhomme - britannique. John Barry accomplit un travail remarquable pour la musique puisqu'il compose un thème inoubliable avec au générique la voix de Shirley Bassey (générique d'une grande recherche visuelle qui mérite de figurer au top 10 des meilleurs génériques de début).
Enfin, je signalerais les gadgets très intéressantes ainsi que la sublime Aston Martin DB5 aux outils tous plus réussi les uns que les autres, et bien sûr la beauté des décors intérieurs et extérieurs.
Et, en tant que spectateur du 21e siècle, je n'ai pas la mise en contexte suffisante. De ce fait, mettant de côté une photographie relativement belle, la performance de Connery, l'humour (qui hélas ne m'a pas fait rire) et la musique agréable de John Barry, il ne me reste plus grande chose à se mettre sous la dent.
L' invincibilité de James Bond est la première chose qui m'exaspère ; le sachant invincible et à l'abri de la moindre blessure, je me sens la plupart du temps détaché de l'action. D'autre part, je tiens à dire que cette manie de se faire capturer par son adversaire est assez risible, d'autant qu'il est toujours traité en invité de marque et rarement comme un dangereux espion britannique.
Je n'ai pas l'habitude de critiquer un film sur son idéologie ou l'image qu'il donne d'une époque, mais je dois avouer que le relatif racisme du film et sa misogynie m'ont finalement exaspéré. Les asiatiques sont tous dépeints en tant que sbires cruels, stupides et facilement éliminables (certes cela fait partie du cahier des charges, mais là c'est faire preuve d'un manque certain d'originalité). Et quant aux femmes, elles sont rabaissées la plupart du temps à de simples objets de fantasmes : soit pour le spectateur autour de la piscine du début du film, soit pour James Bond en personne. A titre d'exemple, lorsque James Bond fait perdre à Goldfinger sa partie de cartes, c'est bien évidemment la femme qui sera exécuté ; lorsque l'on découvre un personnage féminin au caractère fort (appeler avec subtilité "Pussy Galore" soit en français "chatte à gogo" (!)), on assiste à un viol qu'on prétend dissimuler derrière le charme (et la violence) de James Bond, alors même qu'elle avait exprimé son refus à plusieurs reprise et était largement en mesure de se débarrasser de lui.
Apparemment, il fallait ça à l'époque.
Le dernier point que je tiens à soulever concerne les moments ridicules du film. Lors de la partie de golf, il s'installe une certaine tension, immédiatement désamorcée par le chapeau découpeur de tête de statue (?) et la balle de golf écrasée par le coréen au creux de son poing ; ou bien lorsque l'on accélère l'image, cela ne ressemble pas à une image plus rapide mais rien de plus qu'à une image normale qu'on a accéléré ; ou bien le rayon laser découpeur d'or qui manque d'atteindre l'entrejambe de Sean Connery (immense perte, cela se conçoit aisément) ; ou bien, lorsque le gaz neutralisant est dispersé (idée intéressante au demeurant), on voit les militaires s'effondrer immédiatement avant même que ce gaz n'ait eu le temps de se disperser et d'agir.
Ce sont des détails, mais c'est justement les détails qui font j'ai envie de croire ou non à l'univers de James Bond.
Bien sûr, le film a eu une grande influence sur son genre, et sur le cinéma en général ; en témoigne les clins d'oeil dispersés dans les OSS d'Hazanavicius, ou bien cette scène de Kick-ass où une voiture se trouve réduite en miette dans une casse automobile.
Pardonnez mon manque d'enthousiasme.
Cet utilisateur l'a également ajouté à ses listes Les meilleures ouvertures de films, Les meilleurs James Bond, Les citations de Kick-Ass, I want this f*cking car ! et Un film, un thème musical
Créée
le 27 août 2022
Critique lue 403 fois
7
le 6 nov. 2014
SuivreTroisième mission pour l'agent Bond, qui accueille avec Goldfinger un nouveau réalisateur en la personne de Guy Hamilton qui va installer cette aventure comme l'une des plus célèbres de la saga 007...
8
le 4 mai 2014
SuivreGoldfinger est ce que l'on peut appeler un film culte. Considéré par beaucoup comme le meilleur James Bond, à part peut-être pour les nouveaux venus qui ne jurent que par Craig, et moi qui ne jure...
8
le 12 oct. 2016
SuivreGoldfinger permet à Sean Connery de personnifier pour la 3ème fois l'homme au permis de tuer des services secrets britanniques. Cet opus a beaucoup marqué en 1963 car il était beaucoup plus abouti...
5
le 30 janv. 2023
SuivreAprès une incursion sur Netflix pour une série disons-le franchement ennuyeuse ("The Eddy"), Damien Chazelle revient sur le grand écran pour évoquer son deuxième sujet favori après la musique :...
4
le 14 juil. 2018
SuivreLa diffusion de la deuxième saison de Westworld vient de s’achever il y a quelques semaines et je dois avouer que ce visionnage s’est révélé pour moi une expérience éreintante que je vais tenter...
5
le 25 déc. 2021
SuivreQuelle est la série la plus surcotée de l’histoire de la télévision ? Intéressante question à laquelle il serait difficile à quiconque de répondre. Le cas de Peaky Blinders me vient à l’esprit...