Gone Girl déroule au fil d'une triple enquête - policière, personnelle et médiatique - une introspection profonde du mariage dépeint comme une structure de contrôle, où chaque partenaire cherche à façonner l'autre selon un idéal préconçu, notamment les femmes, avec la force implacable de l'amour.
"Cool girl is hot. Cool girl is game. Cool girl is fun. Cool girl never gets angry at her man. She only smiles in a chagrined, loving manner and then presents her mouth for fucking."
L’intérêt majeur du film réside dans sa dynamique, qui révèle une inversion progressive des rôles. Une femme, jadis exploitée et négligée, déçue par l’incapacité de son époux à répondre à ses attentes, renverse soudainement le rapport de force. Elle mobilise alors tous les moyens à sa disposition — manipulation, trahison, meurtre, et jusqu'au pardon — pour reprendre le contrôle.
Au sein de ce portrait de personnalités, Nick émerge comme un personnage intermédiaire, oscillant entre un ancien partenaire trop possessif et un autre, au contraire, distant. Il incarne cette flexibilité, cette aptitude à se laisser façonner par l’influence de son partenaire – une qualité sans laquelle le mariage finit inévitablement par s’effondrer.
"I'm the cunt you married. The only time you liked yourself was when you were trying to be someone this cunt might like."
Au-delà des dynamiques interpersonnelles, le film révèle aussi la puissance quasi omnipotente des médias, qui modèlent et réorientent une opinion publique volatile. En fin de compte, au-delà de tout tribunal, leur jugement peut devenir synonyme de damnation ou de rédemption.
Lorsque l’écran s’éteint, une question persiste pourtant : jusqu’où seriez-vous prêt à aller pour sauver votre mariage ?