Sur la scène du monde, dissection psychique d'un mariage en creux. Faillite du simulacre sous le voile de la perversion ordinaire. Glaçant.
C'est un formidable thriller sur le faux semblant et la société du spectacle où se manipulent les images. C'est aussi une belle analyse clinique. Par perversion ordinaire, je fais référence au titre de l'ouvrage d'un psychanalyste contemporain ( JP Lebrun) qui a beaucoup écrit sur les changements sociétaux , des transformations majeures accélérées par les progrès que nous connaissons (techniques , scientifiques) qui mettent à l'épreuve des repères jusque là ancrés dans la vie sociale: le mariage, la procréation, les rapports entre les générations, l'éducation, l'autorité sous toutes ses formes... avec notamment le règne de l'image et la référence narcissique....prévalence de la jouissance sur le désir , culte de la performance. ..etc Cela veut dire pour lui que l'équilibre psychique des individus leur subjectivité peuvent aussi être modifiées : on assiste à une mutation du lien social et un changement dans le fonctionnement psychologique avec une prévalence du déni sur le refoulement ...Cela ne veut pas dire que les individus deviendraient pervers au lieu de névrosés, (j'entends en terme de structure de personnalité pas de "perversion au sens sexuel) mais dans certains cas, on en découvre la dérive ...c'est ce que j'ai perçu dans ce film ...plus qu'un couple de névrosés, c'est un système pervers dans lequel ces deux êtres sont enfermés .Jusqu'à l'emprisonnement réciproque.