Dès les premières minutes du film, David Fincher impose. Il nous impose son rythme, une ambiance à couper aux couteaux, une bande son omniprésente et surtout, il nous impose ses personnages. Il est rare de ressentir cela aux prémices d’un film : on ne se jette pas dedans, on y est poussé. Et complètement happée pour ce qui a été de ma petite personne.
Certes, le scénario, tiré d’un roman, est assez bon pour tenir en haleine sur le plan de l’action pure. Mais au final, ce qui intéresse le plus dans Gone Girl c’est le message sous jacent et le remarquable parti pris quant au personnage féminin central du film. Fincher se joue de nous et nous mène par le bout du nez. Bien entendu, on pense tout comprendre (c’est le chat qui a fait le coup, soyez en sûrs !) mais le film a toujours une longueur d’avance, ce qui est jouissif.
Les interprètes sont également très bons dans leurs partitions. J’aurais toujours du mal avec le Ben Affleck acteur, en dehors de sa performance dans Will Hunting, mais dans Gone Girl, son état quasi minéral fait mouche. Ce bloc monolithique aux deux expressions faciales devient la clé de la réussite de l’élaboration de son personnage. Concernant Rosamund Pike, elle offre une très belle prestation d’actrice, en retenue car en retrait mais toujours juste, sans en faire trop.
De ce couple émerge une tension palpable, toujours renforcée par cette bande-son à la fois désagréable et indispensable. La deuxième partie du film nous embarque dans une critique des médias à la Capra (l’Homme de la Rue) qui est de toute beauté, dans un renversement final qui terminera d’achever tous les moindres espoirs que l’on pouvait encore avoir sur le bonheur conjugal.
Un régal en somme.