Gone Girl s'ouvre sur un visage radieux, féminin, celui de Rosamund Pike avec en voix off, Ben Affleck qui aimerait savoir le contenu du crâne de son épouse, il veut tellement le savoir qu'il serait prêt à l'ouvrir pour voir ce qu'il y a à l'intérieur... Cela ne vous rappelle rien? La boîte en carton de Seven, non?
Le ton est donné, David Fincher est de retour en adaptant Les Apparences de l'auteur Gillian Flynn avec ses vices narratifs préférés: manipulation, paranoïa, rebondissements et détournements d'intentions. Gone Girl transforme le bonheur sucré d'un couple modèle, beau et amoureux en cauchemar éveillé lorsque la femme (Amy) disparait et que son époux (Nick) est suspecté par la police et des médias déchaînés.
Véritable œuvre machiavélique et effrayante, David Fincher s'amuse à disséquer un rêve américain avec une ironie jubilatoire et une perversité dont lui seul à le secret en grattant la belle image d'un couple soit disant parfait. À cela s'ajoute une mise en scène parfaite et précise, les voix off et les multiples flashbacks se mélangent dans le récit ce qui nous perturbe: que faire, qui croire? Fincher nous manipule sur son échiquier géant dans lequel il fais avancer ses pions les uns après les autres sans artifices inutiles sur une bande originale hypotonique signée Trent Reznor et Atticus Ross. Ce puzzle méticuleux est parfaitement retranscrit par les acteurs, Ben Affleck excelle en mari d'une ambigüité déconcertante mais c'est Rosamund Pike qui surprend le plus avec sa composition hallucinante et fracassante d'une épouse disparue sans laisser de traces. De plus, Carrie Coon, Kim Dickens, Neil Patrick Harris et Tyler Perry offrent des seconds rôles tout aussi convaincants.
Gone Girl est un thriller renversant, élégant et soigné dans lequel chaque détail compte, aidé par une réalisation impeccable et des acteurs époustouflants. David Fincher est au sommet de son art.