Mastermind pour Masterpiece
Tu ne savais pas ce que tu allais voir, tu te souvenais juste avoir vibré pour "Seven" dans un jadis bien révolu. Pourtant tu es venue, tu y as cru, tu t'es assise dans ce fauteuil rouge moumoute et tu es partie. Partie avec le film, partie avec la fille, ...avec tout.
Tu as regardé ce film en pensant tout savoir, avec ton air de génie habituée aux films classiques, et bon sang, non, tu n'as rien compris. Tu n'as pas compris, ou plutôt pas soupçonné ce toboggan infernal dans lequel Fincher, sans rien n'y laisser paraître, t'avais foutue, puis balancée.
Pas le temps de crier que tu veux redescendre, déjà foutue, t'es partie, partie avec la fille, partie avec le film, ...avec tout.
Ce qu'il te reste, une ambiance, oui surtout une ambiance qui emmêle le tout ingénieusement. Car au final, la lumière se rallume comme tu t'es laissée prendre: brutalement. Film brutal, tes sens en éveil, tu te retrouve les yeux qui clignent mille fois, car tu crois bien que non, ils n'ont pas beaucoup cligné pendant la durée du film de …combien de temps? Tu ne sais pas, tu n'as pas regardé.
Tes doigts sont engourdis, tes épaules remontées. Aux toilettes, tu te rends compte que ce film t'a vidée, que cette chanson entêtante est sublimement perfide. C'est peut être bien elle la coupable. Et ces acteurs envoutants, à moins que ce ne soit le scénario, le montage. Oui ce montage; peut être que tu es capable de te souvenir de ça, l'entrée dans ce film: ce montage froid, glaçant. Jusqu'au os, ce film t'a glacé. Tu ne crois pas t'être souvenue d'un tel sentiment en salle obscure; "Perfect Sens" t'avait marquée, à n'en pas douter…Oui, "Perfect sens".
Mais "Gone girl" est autre, où tu es partie avec le film, partie avec la fille, et finalement pas tout à fait revenue...