Fincher dans ses mauvais jours
Jamais vraiment crédible, au rythme complètement bancal (dernière demi-heure en mode fast-forward, avec un épilogue qui retombe comme un soufflé et « casse » le crescendo dramatique de la - brève - meilleure scène du film) et, surtout, bourré de facilités : grosses ficelles, incohérences, invraisemblances. Quand on réalise un film manipulateur ayant pour sujet la manipulation (thème et méthode récurrents chez Fincher), ce serait bien qu'il résiste à un minimum de réflexion de la part du spectateur... ou, à tout le moins, qu'il offre par ailleurs un discours intéressant, histoire de faire passer la pilule. Les deux aspects étaient réussis dans Fight Club (par ailleurs autrement plus subtil, ambigu et brillant en matière de réalisation, de mise en scène, de jeu d'acteurs, de bande originale...) ; c'est doublement raté dans Gone Girl, dont le seul message - une pseudo-analyse des relations homme-femme, sur fond de critique de la société américaine et des médias - relève à peu près du niveau d'un élève de quatrième. Alors, certes, pour le reste, c'est propre et les acteurs font ce qu'ils peuvent (quoique Neil Patrick Harris n'arrive décidément pas à faire oublier Barney). Mais on a (parfois) connu Fincher inspiré : espérons qu'il le redevienne.