Misandrie, clichés et vulgarité gratuite : le faux drame parfait

Goodbye June coche toutes les cases du cinéma britannique bien-pensant mais se prend les pieds dans le tapis avec une écriture bancale et des parti-pris grotesques.


On subit d'abord un voyeurisme inutile : quel est le projet d'inclure des séquences d'aisance (un enfant (beurk) puis le père aux toilettes) ? Si l'objectif n'est pas de montrer le lourd handicap du papa qui sera expliquée plus tard par lui, cela relève d'un mauvais goût absolu qui casse toute velléité d'émotion.


Le sous-texte dit "féministe" du film se résume en réalité à rabaisser méthodiquement chaque figure masculine :

  • Les maris, plus ou moins, démissionnaires ou inutiles : Celui d'Helen est maladroit, tandis que celui de Julia incarne l'égoïsme patriarcal classique, toujours en déplacement professionnel en laissant sa femme tout gérer à la maison.
  • Les hommes perdus : Connor est un puits d'anxiété sans colonne vertébrale. Bernie, le patriarche, est un alcoolique irresponsable qui gère sa peine comme un enfant.
  • Les figures médicales douteuses : Le Dr David Titford installe une folie inutile quand nous sommes médecin qui rappelle son rôle dans la série fun & foot Ted Lasso.

Finalement, le seul personnage masculin sain(t) d'esprit est l'infirmier. Mais le film retombe dans ses travers en "occidentalisant" le prénom de cet ange gardien de façon très dérangeante et artificielle. Rajoutez à cela la sous-intrigue gay(-friendly ?) avec le frère et vous obtenez un film prétentieux et profondément énervant.


Enfin, ce qui me gêne dans Goodbye June, ce n’est pas son approche intimiste de la maladie, au contraire fort instructif, mais ce qu’il choisit de ne pas regarder. Le cadre hospitalier aurait pu devenir un véritable personnage du film et permettre d’interroger la réalité du système de santé américain : accès aux soins, poids financier, décisions médicales, disparités sociales, place de la famille face à l’institution… Or, tout cet arrière-plan est quasiment neutralisé. L’hôpital est montré comme un espace professionnel, humain et protecteur, sans que les contradictions du modèle américain ne viennent véritablement perturber le récit. Ce choix est évidemment possible sur le plan artistique, mais il me paraît frustrant au regard du potentiel du sujet. Le film raconte une épreuve familiale, là où il aurait pu également raconter une société confrontée à ses propres limites.

CitizenScream
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