Grave traite d’un sujet un peu éculé avec la naïveté proprette d’un premier film. Donc au final il n’éblouie pas vraiment, laisse un peu sur le carreau, fait sourire parfois ou soupirer d’agacement. Tout aurait pu bien se passer, avec un 6/10 d’encouragement, car malgré un casting faiblard, les maquillages étaient fort réussis.


Malheureusement, j’ai vu ce film en avant-première, en présence de sa réalisatrice qui, question après question, l’a sabordé sans le savoir.
Ce n’est pas tant qu’un film n’apporte rien qui m’agace, c’est que son auteur se vante de façon tout à fait condescendante d’avoir réalisé le chef d’œuvre de l’année en matière de sous-textes et de messages politico-intellectuels. Cumulant des contradictions dans le texte, Julia Ducournau enfonce les portes ouvertes, peu aidée, je l’admets, par les questions d’une abyssale débilité d’un public de toute façon conquis par la mention « successeur de Martyrs, cocorico cinéma français qui fait flipper ». Mention qui d’ailleurs est totalement foireuse.


Il m’a été très difficile après cette demi-heure de flatteries complètement imméritées de garder un esprit objectif sur ce film. Lorsque l’on connaît la volonté d’un auteur, il est compliqué après coup de voir son film sans ces infos en filigrane. Cela a irrémédiablement transformé mon indulgence en irritation.
Au final, j’ai donc eu l’impression de voir un film très moyen d’une étudiante en cinéma en plein apprentissage, avec des acteurs pas très bons et un découpage tellement obvious que j’ai eu plus l’impression de lire le scénario que de voir le film fini. La direction d’acteur est zéro, la réalisatrice expliquant avoir préféré ne diriger que « des corps » pour que son film soit organique et viscéral. À ce moment, la bonne idée est d’éviter de faire parler lesdits corps, dans le but d’éviter les moments de gêne quand une actrice déclamerait presque « virgule, point » au beau milieu de sa réplique.
Je passerai les parallèles évidents entre l’humanité et l’animalité que même ma nièce de quatre ans aurait trouvés lourdingues et je file directement vers le déséquilibre foireux entre humour noir mal placé et volonté de sérieux déplacée.


En bref, je suis sans doute encore sympa avec mon 5/10 et rien que d’avoir écrit cette critique, j’ai une nouvelle poussée d’irritation. Je file voir Vorace tiens, ça va me calmer.

Before-Sunrise
5
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le 22 févr. 2017

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Before-Sunrise

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