Je suis tombé sur la bande annonce il y a quelques mois qui m'a donné l'eau à la bouche. Le style visuel, le rythme, les sons... tout laissait à penser qu'un ovni hypnotique allait naître. Après avoir parcouru rapidement quelques avis je ne pouvais pas être déçu. Et pourtant... * TinTin *
Quelle souffrance ! J'avais l'impression d'avoir déballé un sublime paquet cadeau pour n'y trouver que du vide. C'était avec le plein d'indulgence que j'avais carburé durant la première moitié.
"Mais c'est son premier film c'est normal..." "Bon d'accord ils ne jouent pas très bien mais c'est peut-être parce que je n'ai plus l'habitude d'entendre des français jouer" ...
Que nenni ! Ce fut pour moi une cacophonie de bout en blanc. Un mélange d'instruments à priori fascinants mais qui ensemble ne s'écoutent pas. Le film morcelle les genre, les styles, les arts, les gens. La lenteur est bien trop rapide, comme si chaque émotion venait de trop loin pour arriver à temps. Du coup, on se laisse glisser le long de son siège en observant l'esquisse d'une sensibilité que l'on ne peut distinguer.
Quand j'entends la musique, je vois un monsieur frisé grisonnant qui s'éclate sur son clavier MIDI. Quand je vois les mouvements de caméra, je vois le chef op et les cadreurs avec leurs bandanas sur la tête et leurs lunettes de soleil accrochées au cou. Quand je vois la lumière je vois le Dir. Phot. la larme à l’œil devant le retour vidéo. Quand je vois les acteurs, je vois Julia se poser trop de questions en espérant pouvoir y remédier.
Je vois beaucoup de personnes talentueuses et d'autres peut-être un peu moins, mais je les vois dans des pièces différentes. En découle alors Grave, un ovni certes, mais un peu fétiche, hésitant mais assumé, qui ne nous a mené nulle part si ce n'est devant un écran. C'est creux, voir arrogant, comme si le film avait été un succès pendant les jours de tournage. Il n'y a aucune subtilité dans les thèmes abordés et les dialogues dévitalisent l'ensemble des scènes. C'est une sensation extrêmement désagréable que d'avoir l'impression constante de voir les phrases noir sur blanc sur le scénario lorsqu'elles sont dites à voix haute.
J'avoue ne pas comprendre l'engouement de la majorité pour cette oeuvre et, saluant tout de même la tentative de renouer avec un autre horizon le cinéma français, je resterai sur ma faim.