Grave de Julia Ducournau s’impose comme une fable initiatique viscérale où le passage à l’âge adulte prend une forme troublante.
J’ai été frappé par la maîtrise de l’ambiance lourde et anxiogène qui traverse tout le film, accompagnant avec justesse l’évolution de Justine, entre initiation étudiante, sexuelle et cannibale. Julia Ducournau dose intelligemment le gore, jamais gratuit, dans une approche qui rappelle parfois certaines tensions proches de It Follows. En revanche, le jeu des comédiens reste inégal : Ella Rumpf et Laurent Lucas m’ont semblé souvent maladroits, tandis que Garance Marillier et Rabah Naït Oufella s’en sortent mieux sans vraiment marquer. Le récit, lui, s’éparpille entre plusieurs thématiques et finit par les effleurer plus que les approfondir.