7 ans sont passés après la dernière réalisation de Alfonso Cuarón: Les Fils de l'Homme. Véritable film d'anticipation sur fond de dystopie, il a réussi dernièrement à susciter une attente phénoménale avec l'un des projets les plus ambitieux de ces dernières années: Gravity. Premier (vrai) survival dans l'espace, il se lança le défi de nous livrer l'un des films les plus immersifs et les plus intenses jamais fait.
L'attente était considérable, le choc de 2013 vient d'arriver. Gravity est là ! Gravity nous fait vivre l'histoire d'une équipe d'astronaute en pleine mission sur un satellite qui va, pour notre bonheur bien évidemment, mal tournée. Le film va donc devenir un survival intense, vertigineux et angoissant aliant vide intersidéral invoquant la peur d'être à la dérive et solitude et silence dans un espace infini. Le Docteur Ryan Stone ( Sandra Bullock) et Matt Kowalski ( George Clooney) vont livrer une lutte pour la survie dans des situations extrêmes. L'Homme face à la force de la nature. Même si autres éléments symboliques ou métaphoriques peuvent être perçu à travers ce film grâce aux nombreuses interprétations possibles.
Véritable claque visuelle, on restera dés les premiers plans par la perfection de l'image avec la Terre d'une beauté saisissante. On tient ici une perfection technique rarement vu depuis Avatar. Chaque image est purement travaillée, millimétrée. On tient ici un exemple de mise en scène qui va rester dans les annales. La lumières, les effets spéciaux, les plans, tout est parfait. Excepté le plan final que je trouve, personnellement, pas très beau même si, philosophiquement parlant, ce qui est dedans est extrêmement intéressant. On se retrouve directement dans l'espace, avec des plans à la première personne incroyablement immersifs et des plans séquences exemplaires. On a un plan séquence de 15 minutes ! C'est admirable ! Après, il y a tout qui suit. Sur l'écriture, l'idée comme le scénario tient sur un vulgaire bout de papier, mais cela prouve que l'on peut faire du cinéma juste avec la technique et de l'inventivité ( beaucoup!). La musique de Steven Price apporte énormément au film, le rendant plus angoissant et intense. Ses différentes compositions tout à fait sublimes les unes que les autres lui promettent un grand avenir sur les traces des plus grands compositeurs.
Mais j'ai tout de même trouvé un défaut au film ( voire deux), qui sont apparemment très subjectifs. Je trouve l'écriture des personnages très maladroites et toujours dans le cliché. Dans ce sens, cela veut dire que je me suis pas du tout attaché aux personnages et que, malheureusement, je n'ai ressenti aucune émotion de leur part. Bien dommage. Surtout que je fais un gros blocage sur Sandra Bullock qui, à mes yeux, ne livre pas une interprétation phénoménale comme beaucoup le disent.
Gravity, on ne le regarde pas, on ne l'analyse pas, on le vit ! Véritable claque immersive et visuelle, il met directement Alfonso Cuarón sur le panthéon des plus grands réalisateurs avec cette oeuvre, à mes yeux, beaucoup plus révolutionnaire que Avatar. Ce film va rester longtemps en tête, vous marquera, vous fera voyager, et deviendra un exemple pour beaucoup de cinéastes dans le cinéma à venir. Un moment, on parlait de 2001: L'Odysée de l'Espace lorsqu'on parlait d'un film dans l'espace, maintenant, on va mettre Gravity à côté. Gravity, c'est également une bonne dose d'espoir pour le cinéma hollywoodien. Pour la première fois en 2013, on a enfin un film original et inventif, ne surfant pas sur la vague des remakes, reboots etc ... Désormais, pour moins de 10 euros, Alfonso Cuarón vous offre la possibilité de voyager dans l'espace pendant 1H30. Ne loupez pas cette occasion.
PS: Jamais j'ai été aussi ravi d'une 3D. Totalement justifiée, elle apporte énormément à l'immersion et renforce l'esprit "huit clos".