La 3D sert souvent de cache-misère pour des films au contenu insignifiant. Une intrigue mince ou banale peut toutefois être sublimée par un style travaillé et ingénieux, ce qui est le cas de beaucoup d'oeuvres (littéraires, surtout) ; dans le cas de Gravity, la 3D supprime même le style. Il n'y a que cela pour sauver ce film.

Pourtant, je me réjouissais d'aller le voir. La bande-annonce semblait prometteuse, et était rehaussée par une pièce bien connue d'Arvo Pärt (Spiegel im Spiegel) : je me suis naïvement dit qu'un film présentant sa bande-annonce avec du Arvo Pärt devait forcément être de bon goût. De plus, les critiques était presque unanimement dithyrambiques (sauf un journaliste français, si je me souviens bien) et promettaient rien de moins qu'une expérience époustouflante.

Certes, la 3D et la technique utilisée rendent un résultat sublime en termes d'images. C'est là la seule force du film, et c'est là la seule raison de la générosité de ma note. On est plongé dans une ambiance relativement captivante, et on se surprendrait presque à lâcher quelques remarques d'admiration devant ce paysage sidéral(ement) magnifique. Mais je n'ai cependant ni été soufflé, ni été plongé dans un profond sentiment d'oppression, comme l'avaient promis les critiques. Peut-être en attendais-je trop au vu de tout le battage médiatique...
Par contre, pour le reste... quelle misère. Ce film est si pauvre qu'il est un tiers-monde scénaristique. Le jeu des acteurs est indigent. Clooney est mille fois plus crédible quand il nous vend du café. Quant à l'autre... Comme je l'ai dit plus haut, une intrigue pauvre peut tout à fait servir un style incroyable : là il n'y a rien de tout cela. Une histoire plate, sans style, sans crédibilité. C'est ridicule et dommage. Malgré la beauté des images, je me suis trouvé mal à l'aise tant les dialogues, par exemple, étaient insignifiants. Quant à la fin, elle est d'un pathétisme ignoble.

L'intérêt de ce film est donc purement esthétique. Dommage, alors, que l'esthétisme ne s'arrête pas qu'aux images. Ou qu'on ne puisse pas éteindre notre cerveau.
Cédric_Chervaz
4
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le 6 févr. 2014

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