Room, 10 Cloverfield Lane et maintenant Green Room, décidément, les films de séquestration ont l'air très en vogue cette année... S'il reste évidemment moins enthousiasment que ses prédécesseurs, ce slasher somme toute assez banal tient quand même efficacement ses promesses : C'est divertissant, hyper violent, l'ambiance est agréablement crasseuse et, malgré quelques baisses de régime, nous sommes tenus en haleine d'un bout à l'autre.


On dit souvent que tout bon film à suspense doit sa réussite au traitement de son méchant et le moins que l'on puisse dire, c'est que Green Room s'en sort vraiment bien sur ce point. En effet, s'il n'y avait qu'une seule interprétation à retenir, ce serait bien entendu celle de Patrick Stewart (plus connu sous le nom de professeur Xavier), effrayant dans ce rôle de vieux gourou à la tête du groupe de skinheads au cœur duquel seront piégés nos personnages. Par ailleurs, le film est aussi très intéressant dans sa manière d'aborder ce cas du néo-nazisme dans l’Amérique profonde contemporaine. Cette communauté des plus douteuses est ici représentée comme une secte et ça fait froid dans dos !


Cependant, il manque quelque chose à ce film pour être véritablement marquant. Si le gore est bien présent, la plupart des meurtres manquent d'inventivité, sont tièdement filmés et s'accumulent beaucoup trop rapidement, sans qu'on ait le temps de s'attacher aux différents personnages. De plus, l'aspect « huis-clos » qui faisait tout l’intérêt du long-métrage est finalement assez peu exploité. On aurait aimé être davantage oppressés... Et surtout, on aurait aimé voir un climax digne de ce nom ! Heureusement, ces lacunes sont comblées par une totale maîtrise de la tension et de la mise en scène, mais également par l'utilisation d'un second degré assez amusant et gonflé. Il y a un côté très punk jusque dans une dernière réplique du film, qui clôt cette histoire avec une désinvolture absolument jubilatoire !


En somme, Green Room ne révolutionnera pas le genre du slasher (contrairement à It Follows par exemple), mais se laisse plutôt regarder comme un thriller de qualité, n’ayant pas d'autres ambitions que de vous retourner les tripes. Et en ce sens, c'est plutôt réussi.


http://amaurycine.blogspot.com/2016/05/green-room.html

Amaury-F
7
Écrit par

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films de 2016

Créée

le 2 mai 2016

Critique lue 243 fois

Amaury-F

Écrit par

Critique lue 243 fois

D'autres avis sur Green Room

Green Room

Green Room

6

Sergent_Pepper

le 5 sept. 2016

Suivre

Déconvenues à Naziland

Alors que Blue Ruin avait su jouer avec les codes du film noir, Green Room change autant de couleur éponyme que d’univers : il sera ici question d’un slasher, genre formaté s’il en est. Le principe...

Green Room

Green Room

6

oso

le 19 mars 2016

Suivre

A chacun son scalpel

Après le prometteur Blue Ruin qui ravivait les couleurs d’un cinéma de genre endormi depuis trop longtemps, Jeremy Saulnier récidive en s’attaquant au slasher/survival viscéral. Troquant la couleur...

Green Room

Green Room

7

Fosca

le 12 mars 2016

Suivre

Nazi-Punk's Not Dead

Et dire que je pensais avoir eu droit à mon lot de violence en visionnant Hostel le matin même... On avait beau m'avoir prévenu que cette édition de la Cinexpérience allait être particulièrement...

Du même critique

Juste la fin du monde

Juste la fin du monde

10

Amaury-F

le 17 sept. 2016

Suivre

Une leçon de mise en scène

Objectivement, Juste la fin du monde est brillant à de nombreux niveaux. Quelle maîtrise, quelle inventivité ! Il n'y a pas à dire, tout semble chorégraphié au millimètre près. Pourtant, force est de...

Brice 3

Brice 3

7

Amaury-F

le 21 oct. 2016

Suivre

Du nawak jouissif et décomplexé

Alors que Brice de Nice premier du nom ne me laissais pas un excellent souvenir, le cinéaste James Huth et l'acteur oscarisé Jean Dujardin décident cette année de réanimer ce phénomène...

Toni Erdmann

Toni Erdmann

3

Amaury-F

le 18 août 2016

Suivre

L'hallucination collective de Cannes

Alors, que vaut finalement cette « palme du public et de la presse » ? Ne faisons pas durer le suspense plus longtemps : J'ai du mal à m'en remettre tant ma consternation fut grande. On en ressort...