Les satanistes ne sont plus ce qu'ils étaient - ou sont passés pour.
Dans les années 80, une véritable panique s'empara des États-Unis, semant l'effroi et la paranoïa dans les cœurs. Les cultists, suppôts de Satan présumés, étaient accusés de tous les maux : meurtres d'enfant, messes noires apocalyptiques, crimes des plus sordides... Que faire ? Surveillez sa progéniture. Les braves gens étaient en alerte, si leur enfant jouait à Donjons&Dragons, c'était le signe évident qu'il était sur la voie de la perdition. Les recommandations étaient claires.
Un grand barnum qui fonctionna quelques années. C'était avant qu'on réalise que les vilipendés étaient pointés du doigt par des hypocrites. Les scandales d'abus révélés dans l'église - leur plus farouche adversaire - ont depuis secoué bien des âmes. Bien plus que les cris ou maquillages obscurs de quelques adolescents, si décriés à l'époque.
Aujourd'hui, les années 80 semblent bien loin. Et les hystéries qui les animèrent paraissent presque infantiles comparées à celles qui secouent notre temps.
Les satanistes ne sont plus ce qu'ils étaient : autrefois entourés de ténèbres, ils sortent désormais au grand jour et rassemblent, presque à leur propre surprise, de plus en plus de gens derrière l'idole de la révolte dont ils portent le nom.
Des hommes, des femmes qui, pour la plupart, bien loin de vouloir mettre le monde à feu et à sang, prônent l'ordre et le respect, le pluralisme et l'entraide, la libre conscience et le souci de l'environnement. Voilà que Satan incarne l'écoute, alors que dans le camp d'en face, on fait de plus en plus la sourde oreille.
Ces satanistes ne se revendiquent pas vicaires du Mal. Ils se retrouvent malgré tout en but à des intégristes qui confondent droits et dieux.
Penny Lane nous permet d'apercevoir cet affrontement entre la raison légale et la bigoterie la plus farouche. Un instantané contemporain d'une époque tendue entre des pans qui ne s'entendent pas, tandis que l'Oncle Sam tangue, semblant si près de basculer pour de bon dans le camp des hypocrites.