8
le 15 mars 2021
SuivreMen in the lie castle
Si l’on s’interroge sur l’adaptation du théâtre au cinéma, Laurence Olivier est probablement le meilleur marchepied possible : homme de théâtre, très familier de l’univers de Shakespeare, il officie...
Seconde des 3 adaptations shakespeariennes réalisées par Laurence Olivier, c'est le succès de Henry V qui a permis à celui-ci de porter à l'écran la tragédie du prince du Danemark. Le film suit d'assez près la trame et le texte de la pièce qui fut très tôt portée à l'écran en 1900, Laurence Olivier étant tout désigné pour tourner la version de référence ; homme de théâtre, metteur en scène et acteur, il a longtemps joué sur la scène de l'Old Vic Theater à Londres, et d'ailleurs, il a toujours été dépendant du carcan shakespearien, c'était sa limite mais aussi sa grandeur.
Sa première réalisation Henry V témoignait déjà d'une grande maîtrise dans le domaine du théâtre filmé, aussi, afin de donner un ton particulier à son film, et surtout de restituer l'ambiance particulière d'une oeuvre qu'il voulait sortir totalement du cadre théâtral, Olivier refusa de tourner en couleurs et y ajouta une dynamique très personnelle fondée sur une bonne connaissance de l'écriture filmique. Il ne fait pas oublier le théâtre et reste parfois soumis aux exigences de la scène, mais il en multiplie les pouvoirs par ceux du cinéma, comme en témoignent ces nombreux mouvements de caméra et ces travellings qui balaient les salles et corridors du château d'Elseneur. Il utilise toutes les ressources de la technique du cinéma dans des décors quasi expressionnistes, et ce refus de la couleur lui a permis d'utiliser au maximum la profondeur de champ, c'est ce qui différencie ce Hamlet des autres adaptations filmées.
Cette adaptation reste constamment fidèle à l'esprit de Shakespeare, le texte a été un peu élagué et modernisé pour le rendre plus accessible au public, et la fin modifiée, pour s'intéresser plus à un approfondissement psychanalytique du caractère d'Hamlet. Olivier s'adjuge le rôle-titre bien qu'il en ait passé l'âge, et à ses côtés, on reconnait Jean Simmons en blonde qui campe une Ophélie diaphane et touchante, Felix Aylmer remarquable en trop dévoué Polonius, ainsi qu'un jeune Peter Cushing dans le rôle d'Osric.
Un film magnifique qui se déroule dans une atmosphère saisissante, où Laurence Olivier réussit un mariage harmonieux théâtre-cinéma, très efficace notamment dans la scène du duel, la scène entre Hamlet et Ophélie ("Go to a nunnery"), et la scène entre Hamlet et sa mère Gertrude, bref, un modèle d'adaptation mêlant la force du théâtre à une technique cinématographique parfaitement maîtrisée, et qui reçut de nombreux prix, dont 4 Oscars.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes Les films du Monde médiéval, Les duels marquants du cinéma, Top 100 meilleurs films, Les séquences de légende du cinéma (partie 1 : les grands classiques anciens) et Les meilleurs films anglais
Créée
le 29 janv. 2017
Critique lue 650 fois
8
le 15 mars 2021
SuivreSi l’on s’interroge sur l’adaptation du théâtre au cinéma, Laurence Olivier est probablement le meilleur marchepied possible : homme de théâtre, très familier de l’univers de Shakespeare, il officie...
9
le 29 janv. 2017
SuivreSeconde des 3 adaptations shakespeariennes réalisées par Laurence Olivier, c'est le succès de Henry V qui a permis à celui-ci de porter à l'écran la tragédie du prince du Danemark. Le film suit...
2
le 20 avr. 2023
Suivrele 16 févr. 2025
Cette adaptation est très théâtrale et terriblement bavarde - le pire défaut au cinéma - et donc terriblement ennuyeuse. La musique extradiégétique est pompeuse et trop envahissante. La belle...
10
le 6 avr. 2018
SuivreLes premiers westerns de Sergio Leone furent accueillis avec dédain par la critique, qualifiés de "spaghetti" par les Américains, et le pire c'est qu'ils se révélèrent des triomphes commerciaux...
10
le 10 juin 2016
SuivreGrand fan de westerns, j'aime autant le western US et le western spaghetti de Sergio Leone surtout, et celui-ci me tient particulièrement à coeur. Dernier opus de la trilogie des "dollars", c'est...
9
le 5 déc. 2016
SuivreOn croyait le péplum enterré et désuet, voici l'éblouissante preuve du contraire avec un Ridley Scott inspiré qui renouvelle un genre ayant eu de beaux jours à Hollywood dans le passé. Il utilise les...