Même si d'emblée, les couleurs et les esquisses de mise en scène m'ont freiné, j'ai fini par lancer le film et j'ai appris quelque chose sur moi : j'ai du mal à dire non à M. De Niro.
Le choix de s'appuyer sur son personnage pour former le récit apparaît comme une évidence, tant le jeu d'Edgar Ramirez manque de consistance : s'il ne manque pas de charisme, il ne saisit pas son opportunité de briller dans les scènes de burn-out pour donner un portrait psychologiquement plus fin de Duran.
Autrement, la première heure du film n'est pas déplaisante, et le réalisateur a quelques coups d'éclats dans la mise en scène (conférences de presse, scènes de conflits au Panama), mais malheureusement le récit s'égard. Il aurait à mon sens fallu choisir plus précisément l'angle d'attaque ; le parallèle entre boxe et politique au moment des oppositions pour le Canal de Panama OU la relation entraîneur/boxeur cherchant mutuellement à combler leurs manques familiaux. Mais aucun des deux ne sera vraiment traité, nous laissant une bouillie peu ragoutante pour la dernière demi heure avec en apogée, la photo de fin sur le ring en mode Rocky... Dommage.