Il y a quelque chose d'assez étrange avec le réalisateur John G. Avildsen. C'est comme si il avait une autre idée des priorités dans la réalisation d'un film. Il est comme éparpillé. "Happy new year" en est le parfait exemple. Le choix du titre du film est d'ailleurs assez obscur, comme choisi au hasard. Du reste la traduction française ne s'est pas embêtée à traduire "Happy new year", preuve qu'il n'y a pas d'intérêt. Enfin Les thèmes du film sont tellement disparates que rien ne semble lui donner une identité propre. Rien ne semble lui donner une consistance homogène. Le film n'a pas de personnalité, il est incolore. Regardez le film, lisez le titre et regardez l'affiche du film et vous noterez l'incohérence.
C'est l'histoire d'un voleur qui tombe éperdument amoureux. C'est un voleur tellement bon dans ce qu'il fait qu'il est minutieux jusqu'à l'impossible, il observe, planifie, chronomètre et va même jusqu'à élaborer toute une panoplie de déguisements pour cambrioler une grande bijouterie spécialisée pierres précieuses. Il est tellement minutieux qu'il complique la chose et va carrément acheter des bijoux à hauteur de 170, 000 dollars pour gagner la confiance du manager pour finalement se faire enfermer malgré lui dans la bijouterie sans avoir pu imaginer un seul instant que tout un dispositif électronique de sécurité a été élaboré pour prévenir les cambriolages. Heureusement que cette gaffe scénaristique est expliquée par le coup de foudre de Nick (le voleur) avec cette jeune (un peu vieille quand même) antiquaire survenu les quelques jours auparavant du cambriolage. Ceci expliquera alors son étourdissement qui mènera à son arrestation. Cette première partie de film qui s'éternise et prend tout de même les trois quarts de l'intrigue, me laisse pantois. Même pas en fait, je ne ressens pas grand chose si ce n'est que c'est un pari osé de faire perdre autant de temps à l'élaboration d'un tel dénouement.
C'est marrant d'avoir mis Columbo dans le rôle du voleur à la place du policier, un clin d'œil à rebours à sa carrière sur le petit écran. L'idée des déguisements n'est pas vraiment originale et le pari est osé (Tootsie ou madame Doobtfire). Ici Columbo ne se démarque absolument pas dans son interprétation, les blagues sont inexistantes, le côté travesti suffit aux scénaristes. Enfin l'histoire d'amour, que dire? Aucune passion ne transpire vraiment de ces deux êtres amoureux l'un de l'autre, ils s'aiment et ça ne s'explique pas. Sauf que la deuxième partie arrive (elle dure 20 minutes). La femme quitte tout (elle était au préalable avec un type) pour cet escroc professionnel parce qu'elle est follement amoureuse de lui, elle va jusqu'à le suivre jusqu'à New York (on est à Palm Beach en début de film), acheter un appartement et attendre patiemment qu'il sorte de prison. Dernier retournement de situation, finalement elle ne lui a pas été très fidèle et c'est avec une permission le jour du nouvel an (Happy new year) que Nick l'apprend. Oui elle le trompe avec un type qui pourrait être son fils. Un choix Cornélien s'impose à Nick, se tirer au Brésil ou accepter le fait que les femmes des années 80 ont aussi le droit de se faire des plans cul comme les hommes, on est plus en 40 et c'est suffisamment difficile pour tout le monde. Roulement de tambour.. Il lui pardonne et revient. Après tout ce film n'a aucun sens pourquoi ne pas revenir?
Bref ma critique est bien trop longue pour une réalisation aussi nonchalante. John G. Avildsen fait parti de ces réalisateurs qui pensent que faire un film c'est pour le divertissement et puis c'est suffisant; un acteur connu, une histoire loufoque avec de beaux sentiments le jour des fêtes de fin d'année et ça va plaire à tout le monde. Il m'a l'air sacrément confiant dans ce qu'il fait, c'est souvent comme ça qu'on réussit après tout.