Scénario et réalisation du méconnu Michael Roemer, auteur d'une poignée de films qui travailla essentiellement dans l'enseignement. Ce film fut achevé en 1969 mais Roemer le rangea dans ses placards, déçu du résultat. Près de 20 ans après, sur les conseils de ses enfants, il envoie le film au New York Film Festival qui le présente enfin au public. Harry sort de prison mais tout a changé. Il retrouve famille et amis mais semble ignoré, déconsidéré, dépassé. Les habitudes, les combines habituelles n'existent plus. Souvent présenté comme une comédie, il s'agit plutôt d'une étude de mœurs cocasse, pittoresque, un peu absurde également. Le métrage ressemble furieusement à un film noir dans son esthétique et son atmosphère. Michael Roemer opte pour un ton résolument documentaire (les superbes séquences capturées en prison pendant le générique de début) et porte un regard tendre et ironique sur la communauté juive. Une petite rareté désenchantée à redécouvrir.