Imaginez un G7 sous acide, organisé par des scénaristes en mal de wifi, et vous aurez une vague idée de ce qu’est Chefs d’État. Ce film, qui prétend mélanger politique internationale et action explosive, ressemble surtout à un brainstorming de fin de soirée où quelqu’un aurait lancé : « Et si on mettait tous les présidents dans une équipe de choc ? » — et que personne n’avait eu le courage de dire non.
Sur l’affiche : Idris Elba, grand seigneur du charisme, visiblement en congé sabbatique d’émotion, accompagné d’un casting qui cabotine comme dans un mauvais sketch du Saturday Night Live. Les chefs d’État y sont tour à tour boxeurs, hackers, snipers… sauf présidents, bien entendu. On assiste à une suite de scènes absurdes, montées à la truelle, où l’incohérence devient style et le ridicule, programme politique.
Les dialogues rivalisent d’inventivité involontaire : entre punchlines géopolitiques et vannes de vestiaire, on hésite entre fou rire et consternation. La mise en scène, quant à elle, semble avoir été déléguée à un stagiaire muni d’un drone incontrôlable et d’une fascination pour les ralentis inutiles.
Chefs d’État n’est pas un film : c’est un sommet diplomatique du non-sens. Une farce à gros budget où tout le monde a l’air de s’amuser — sauf le spectateur. À défaut de gouverner le monde, ces présidents auraient au moins pu nous épargner ça.